Pâtiss’Art 2025 à Deauville : le salon où la pâtisserie française affirme ses nouvelles ambitions
Gastronomie

Pâtiss’Art 2025 à Deauville : le salon où la pâtisserie française affirme ses nouvelles ambitions

Le salon Pâtiss’Art 2025 n’a finalement pas eu lieu à Paris, comme certaines annonces préliminaires avaient pu le laisser entendre. Sa deuxième édition s’est tenue du 24 au 27 octobre 2025 au Centre International de Deauville, en Normandie.

Pendant quatre jours, le rendez-vous a réuni chefs pâtissiers, chocolatiers, boulangers, fournisseurs, artistes, étudiants et amateurs autour d’une même conviction : la pâtisserie ne se résume plus à la production d’un dessert. Elle devient un territoire de création, de transmission, d’expérience et, de plus en plus, de stratégie de marque.

Parrainée par Maxime Frédéric, cette édition a accueilli près de 8 600 visiteurs, selon le bilan communiqué par l’organisation. Démonstrations, master class, conférences, ateliers, expositions et concours ont donné au salon une dimension qui dépassait largement celle d’un simple rassemblement professionnel.

Pâtiss’Art 2025, une deuxième édition installée à Deauville

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Présenté par ses organisateurs comme un rendez-vous international réunissant les différents métiers des filières pâtissière et chocolatière, Pâtiss’Art s’adresse à deux publics complémentaires.

Les professionnels viennent y observer les innovations, rencontrer des fournisseurs, comparer des équipements et échanger sur l’évolution du secteur. Les particuliers peuvent, quant à eux, assister aux démonstrations, découvrir les gestes des chefs et participer à des ateliers.

Cette double identité fait partie de la singularité du salon. Pâtiss’Art ne cherche pas uniquement à célébrer la haute pâtisserie. Il veut également rendre les savoir-faire plus lisibles et plus accessibles, sans effacer la technicité du métier.

L’édition 2025 était la deuxième organisée à Deauville. Le Centre International de Deauville offrait un environnement cohérent avec le positionnement de l’événement : une destination associée à l’élégance, à l’hospitalité haut de gamme, au patrimoine normand et au tourisme gastronomique.

Cette rencontre entre territoire et excellence sucrée rappelle que la pâtisserie devient une véritable motivation de voyage. Une boutique, un tea time, un concours ou une création signature peuvent désormais transformer une ville en destination gourmande. Une évolution également analysée dans notre dossier consacré à La Liste 2026 et à la montée de la pâtisserie dans le luxe gastronomique.

Maxime Frédéric, parrain d’une pâtisserie sensible et contemporaine

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Pour cette deuxième édition, Pâtiss’Art avait choisi Maxime Frédéric comme parrain.

Le chef, attaché à ses racines normandes, développe une pâtisserie où la précision technique ne prend jamais le dessus sur le goût et l’émotion. Son parcours entre Cheval Blanc Paris, l’univers gastronomique de Louis Vuitton et la création de PleinCœur en fait une figure particulièrement représentative des transformations du secteur.

La pâtisserie contemporaine ne vit plus uniquement dans les restaurants de palace. Elle se déploie dans des boutiques, des cafés, des chocolateries, des collaborations artistiques et des lieux hybrides où se rencontrent gastronomie, hospitalité et culture.

La présence de Maxime Frédéric traduisait cette évolution. Au-delà de son rôle de parrain, le chef a participé au programme Pâtiss’Live avec Gaëtan Lucas autour d’un ourson à la guimauve. Une création volontairement régressive, mais travaillée avec les exigences de la pâtisserie d’excellence.

Son travail illustre également la manière dont une création sucrée peut devenir un point de contact avec une maison de luxe. Les glaces Louis Vuitton imaginées par Maxime Frédéric prolongent cette logique : le dessert devient à la fois produit gastronomique, expérience et support d’identité visuelle.

Des espaces conçus pour apprendre, regarder et expérimenter

Le programme de Pâtiss’Art 2025 reposait sur plusieurs formats complémentaires. Cette organisation permettait de répondre aussi bien aux attentes d’un professionnel en recherche de tendances qu’à celles d’une famille venue découvrir les arts sucrés.

Pâtiss’Live : les chefs prennent la parole

Pâtiss’Live constituait l’espace de conférences, de démonstrations et d’échanges. Animé notamment par Carinne Teyssandier et Asma Mehnana, il accueillait chefs et experts autour de recettes, de techniques et de sujets liés aux mutations de la profession.

Le programme comprenait notamment une présentation du macaron Mogador par Sébastien Claverie, responsable de la production française chez Pierre Hermé, une démonstration d’Adrien Petitgenêt autour du chocolat et de l’avoine, ainsi que des échanges consacrés au chocolat, à l’art culinaire et aux cultures du tea time.

La présence de Pierre Hermé dans le programme rappelle la capacité des grandes signatures françaises à faire évoluer leurs créations au fil des saisons et des usages. Cette stratégie se retrouve dans l’univers glacé développé par Pierre Hermé, où le froid devient un nouveau support d’expression gastronomique.

Pâtiss’Class : observer la technique en direct

Pâtiss’Class permettait aux visiteurs de suivre les gestes des professionnels au cœur de l’espace d’exposition.

Ce format possède une véritable portée pédagogique. En pâtisserie, le résultat final dissimule une succession d’opérations précises : température, foisonnement, émulsion, cristallisation, tourage, cuisson ou montage. Observer le chef permet de comprendre ce que la vitrine ne montre pas.

La démonstration devient ainsi un outil de valorisation du métier. Elle révèle le temps, l’entraînement et la maîtrise nécessaires derrière une création apparemment légère.

Pâtiss’Factory : mettre directement la main à la pâte

Les ateliers Pâtiss’Factory proposaient aux adultes des sessions pratiques consacrées à des classiques ou à leurs réinterprétations : opéra, Paris-Brest, bûche de Noël ou cake design.

Organisés en petits groupes, ils permettaient aux participants de travailler aux côtés d’un chef et de suivre chaque étape de la réalisation. Le visiteur ne restait plus spectateur. Il entrait dans le processus de création.

Cette dimension participative répond à une attente forte dans la gastronomie contemporaine. Le public ne veut plus uniquement acheter ou goûter. Il souhaite comprendre, apprendre et repartir avec un savoir-faire ou un souvenir personnel.

Pâtiss’Kids : transmettre les premiers gestes

Pâtiss’Kids s’adressait aux enfants de 6 à 12 ans. Plus de 350 enfants ont participé aux activités proposées pendant les quatre jours du salon, selon le bilan de l’organisation.

Ils ont pu préparer des sablés, des cupcakes et d’autres recettes tout en découvrant les gestes fondamentaux et les principes d’une alimentation plus durable.

Cette transmission est essentielle pour les métiers de bouche. Elle permet de montrer que la pâtisserie ne repose pas uniquement sur l’image spectaculaire d’un gâteau. Elle commence par la connaissance des produits, le respect des quantités, la patience et la précision.

Pâtiss & Pop : quand le dessert dialogue avec l’art

Pâtiss’Art revendique, jusque dans son nom, un lien direct entre création sucrée et création artistique. L’espace Pâtiss & Pop matérialisait cette rencontre à travers des collaborations entre chefs, photographes, plasticiens, céramistes et artisans.

La thématique de l’« éphémère et du permanent » était particulièrement pertinente. Une pâtisserie est destinée à disparaître lors de la dégustation. Pourtant, son dessin, son souvenir, sa photographie et l’émotion qu’elle provoque peuvent demeurer.

Les collaborations présentées pendant le salon exploraient les matières, les volumes et les territoires. La céramique rencontrait le dessert, tandis que le chocolat, la meringue ou le silicone devenaient des matériaux plastiques.

Le photographe Stéphane de Bourgies présentait également une sélection de portraits de figures de la pâtisserie. Le chef n’était plus seulement montré au travail : il devenait lui-même le sujet d’une œuvre.

Cette convergence entre art, luxe et gastronomie est aujourd’hui centrale. Une pâtisserie peut reprendre les codes d’un bijou, d’un flacon ou d’un accessoire. Le secteur développe des pièces très visuelles, mais les créations les plus convaincantes restent celles dont l’esthétique sert réellement la dégustation.

Le Grand Prix Pâtiss’Art met la religieuse à l’honneur

L’une des nouveautés majeures de 2025 était la première édition du Grand Prix Pâtiss’Art.

Le concours, organisé sous l’égide des Toques Françaises avec le soutien des Relais Desserts, était présidé par Nicolas Bernardé. Maxime Frédéric en assurait la présidence d’honneur.

La compétition avait choisi le thème « Patrimoine et Modernité » et mettait à l’honneur un classique de la pâtisserie française : la religieuse.

Les candidats devaient réaliser deux interprétations. La première conservait l’esprit d’un produit destiné à la boutique. La seconde prenait la forme d’une religieuse contemporaine servie à l’assiette. Cette construction permettait d’évaluer à la fois la maîtrise des fondamentaux et la capacité d’innovation.

Pâte à choux, crème, glaçage, équilibre des textures, lisibilité des goûts et précision esthétique composaient le socle du concours. La tradition n’était pas envisagée comme une forme figée, mais comme une grammaire à partir de laquelle les chefs pouvaient écrire leur propre dessert.

Adrien Petitgenêt remporte le Grand Prix 2025

Le chef pâtissier Adrien Petitgenêt, alors en poste aux Cures Marines de Trouville-sur-Mer, a remporté le Grand Prix Pâtiss’Art 2025.

Sa religieuse contemporaine rendait hommage au bocage normand. Le dessert réunissait notamment un sablé de Trouville citronné, une crème au yaourt et à la fleur d’oranger, une mousse de fromage frais de Normandie ainsi qu’une sauce au citron et à la fleur de sureau.

Cette composition illustrait une tendance forte de la pâtisserie actuelle : associer une haute technicité à une lecture claire du territoire. Le produit local n’était pas employé comme un simple argument narratif. Il participait directement à l’identité gustative du dessert.

Gaspard Carrando a reçu le prix de l’innovation, tandis que Fabrice Pottier a été distingué pour son travail sur la tradition.

Jeanne Boisselier distinguée chez les Jeunes Talents

Le Grand Prix Pâtiss’Art Jeunes Talents a été remporté par Jeanne Boisselier, étudiante à l’Institut Lyfe.

Sa création associait café, pomme et fleur d’oranger, avec une pâte à choux caramélisée, une glace à la faisselle et une sauce pomme-cidre.

Cette catégorie réservée aux étudiants et apprentis représentait un enjeu important pour la filière. Dans un secteur confronté aux questions de recrutement et de transmission, donner une visibilité aux jeunes professionnels contribue à rendre les parcours plus attractifs.

Cake design et millefeuille : deux visions de l’excellence technique

Le salon accueillait également le Championnat de France du Cake Design. Nadia Flecha Guazo, connue sous le nom de Chokolate Designs, a remporté le titre avec une pièce presque entièrement réalisée en feuilles d’azyme.

Sa création de 450 grammes aurait nécessité plus de 120 heures de travail. Elle mettait en avant une approche plus légère et plus épurée du cake design, tout en conservant le niveau de précision attendu dans une compétition nationale.

Le Master du Millefeuille complétait le programme des concours. Floran Grech, installé à Chantilly, a remporté le premier prix de cette deuxième édition.

Le choix du millefeuille n’a rien d’anodin. Peu de desserts rendent aussi visibles les exigences de la pâtisserie française. Le feuilletage doit rester net, régulier et croustillant, tandis que la crème doit apporter de la gourmandise sans détremper l’ensemble. Sous son apparente simplicité, le millefeuille agit comme un véritable révélateur technique.

Durabilité, végétal et sourcing : la pâtisserie face à ses responsabilités

La pâtisserie durable faisait partie des sujets abordés lors de l’édition 2025. Les échanges professionnels portaient notamment sur le sourcing, la tendance végétale, la nutrition, les propositions sans gluten ou moins sucrées et, plus largement, sur une pâtisserie dite « durable et raisonnée ».

Le sujet dépasse désormais le remplacement ponctuel d’un ingrédient. Il concerne la totalité du modèle : origine des matières premières, saisonnalité des fruits, consommation énergétique, emballages, conservation, transport, gestion des invendus et conditions de travail.

La réduction du sucre représente elle aussi un défi technique. Le sucre ne sert pas uniquement à donner une saveur sucrée. Il intervient dans la texture, la coloration, la conservation et la stabilité de nombreuses préparations. Le diminuer sans déséquilibrer une recette exige donc un véritable travail de recherche.

Les alternatives végétales posent des questions comparables. Remplacer le beurre, la crème ou les œufs ne suffit pas. Il faut reconstruire la texture, l’émulsion et la longueur en bouche afin de préserver l’émotion de dégustation.

Un salon professionnel autant qu’une expérience grand public

Avec ses exposants, ses équipements, ses matières premières et son espace Pâtiss’Hub, Pâtiss’Art occupait également une fonction économique.

Pour les marques et les fournisseurs, le salon constituait une occasion de présenter de nouveaux produits, de rencontrer les artisans et de comprendre leurs besoins. Pour les professionnels, il permettait de comparer des outils, d’identifier de nouvelles solutions et de créer des collaborations.

Ce rôle de réseau est essentiel dans une filière composée d’acteurs très différents : artisans indépendants, groupes hôteliers, restaurants, écoles, fabricants de matériel, producteurs, distributeurs et grandes maisons.

Dans le même temps, les démonstrations, dégustations et ateliers rendaient l’événement accessible au grand public. Cette articulation entre expertise professionnelle et expérience visiteur explique en partie sa fréquentation.

Elle témoigne aussi d’un changement plus large. La haute pâtisserie française cherche aujourd’hui à se rapprocher du consommateur sans renoncer à son niveau d’exigence. Elle investit les festivals, les ateliers, les plateformes numériques et même la livraison. Une mutation étudiée dans notre analyse sur l’offensive de Philippe Conticini avec Uber Eats.

Pourquoi Pâtiss’Art compte pour la gastronomie de luxe ?

Le succès d’un salon comme Pâtiss’Art montre que le dessert occupe désormais une place stratégique dans la gastronomie et l’hospitalité.

Dans un palace, le chef pâtissier contribue directement à la réputation de l’établissement. Dans une maison de luxe, une création sucrée peut rendre l’univers de la marque plus accessible. Dans une boutique indépendante, un gâteau signature peut devenir un actif commercial aussi important que le décor ou le packaging.

La pâtisserie possède en effet plusieurs caractéristiques recherchées par le luxe : la rareté, la saisonnalité, le geste artisanal, la précision, l’émotion et la capacité à créer du souvenir.

Elle reste également plus accessible qu’un dîner gastronomique ou qu’un objet de mode. Une pâtisserie permet d’entrer momentanément dans un univers premium, avec un engagement financier et temporel plus limité.

Pâtiss’Art met en scène cette nouvelle économie du sucré. Le chef y devient créateur, entrepreneur, pédagogue et parfois ambassadeur. Le dessert devient produit, œuvre visuelle, contenu culturel et expérience.

Informations pratiques sur l’édition Pâtiss’Art 2025

L’édition 2025 s’est déroulée au Centre International de Deauville, situé 1 avenue Lucien-Barrière à Deauville.

Le salon était ouvert :

  • le vendredi 24 octobre 2025 de 15 heures à 20 heures ;
  • le samedi 25 octobre 2025 de 10 heures à 20 heures ;
  • le dimanche 26 octobre 2025 de 10 heures à 18 heures ;
  • le lundi 27 octobre 2025 de 10 heures à 18 heures.

Ces horaires sont désormais donnés à titre d’archive. Ils permettent néanmoins de dater précisément cette deuxième édition et d’éviter la confusion avec les annonces relatives aux éditions suivantes.

Pâtiss’Art 2026 quitte Deauville pour Paris

Après l’édition normande de 2025, l’organisation a annoncé une nouvelle formule pour Pâtiss’Art 2026, programmée les 3 et 4 octobre 2026 à l’Espace Étoile Saint-Honoré, à Paris.

Ce changement de destination marque une nouvelle étape pour le salon. Deauville avait permis d’ancrer Pâtiss’Art dans un territoire gastronomique fort. Paris lui offre désormais une proximité immédiate avec les palaces, les écoles, les maisons de pâtisserie et les grandes signatures internationales.

L’enjeu restera le même : préserver la dimension de transmission et de proximité tout en accompagnant la croissance de l’événement.

Pâtiss’Art 2025 en quatre questions

Où s’est déroulé Pâtiss’Art 2025 ?

Le salon s’est tenu au Centre International de Deauville, en Normandie, et non à Paris.

Quelles étaient les dates du salon ?

La deuxième édition s’est déroulée du vendredi 24 au lundi 27 octobre 2025.

Qui était le parrain de Pâtiss’Art 2025 ?

Le chef pâtissier normand Maxime Frédéric était le parrain de cette édition.

Qui a remporté le Grand Prix Pâtiss’Art 2025 ?

Adrien Petitgenêt, chef pâtissier aux Cures Marines de Trouville-sur-Mer, a remporté le concours professionnel. Jeanne Boisselier s’est imposée dans la catégorie Jeunes Talents.

Pâtiss’Art, un observatoire privilégié des mutations du sucré

Avec près de 8 600 visiteurs, Pâtiss’Art 2025 a confirmé l’intérêt du public pour les métiers et les cultures de la pâtisserie.

La réussite du salon ne repose pas uniquement sur la présence de chefs connus. Elle tient à la diversité de ses formats : apprentissage, démonstration, compétition, art, innovation, échange professionnel et découverte des produits.

L’événement montre surtout que la pâtisserie française continue d’évoluer sans abandonner ses fondamentaux. La religieuse, le millefeuille ou le macaron restent présents, mais ils sont relus à travers de nouveaux goûts, de nouvelles contraintes et de nouveaux usages.

Plus végétale, plus attentive au sourcing, plus expérientielle et plus ouverte au dialogue avec le luxe et l’art, la pâtisserie contemporaine ne se contente plus de conclure un repas. Elle crée une destination, raconte un territoire et construit une mémoire.

Pour suivre ces évolutions, retrouvez également les actualités des chefs, des maisons et des tables d’exception dans la rubrique gastronomie de Luxe Daily.

Sources officielles françaises

  1. Pâtiss’Art – communiqué officiel présentant le bilan de l’édition 2025
  2. Région Normandie – présentation officielle du Salon Pâtiss’Art 2025
  3. Centre International de Deauville – programme et informations pratiques de Pâtiss’Art 2025