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Riccardo Bellini prend les rênes de Valentino le 1er septembre 2025
Annoncé à la tête de la maison romaine, Riccardo Bellini deviendra PDG de Valentino à compter du 1er septembre 2025, en succession de Jacopo Venturini qui a quitté ses fonctions à la mi août pour raisons personnelles. Cette nomination intervient à un moment charnière pour la marque, entre repositionnement créatif et recomposition de l’actionnariat. Elle s’inscrit dans une stratégie d’ensemble visant à accélérer le redressement commercial tout en préservant le prestige culturel de la maison.
Un virage stratégique dans un contexte propriétaire mouvant
Depuis 2023, Kering détient 30 pour cent du capital de Valentino, acquis auprès de Mayhoola, avec une option d’achat pouvant mener à un contrôle total d’ici 2028. L’arrivée de Riccardo Bellini, cadre de confiance de Mayhoola, intervient alors que la maison affronte un marché du luxe plus sélectif et des vents contraires en Amérique et en Chine. Cette gouvernance réajustée doit clarifier la trajectoire, rassurer les équipes et offrir une lecture cohérente aux partenaires retail et wholesale.
Un dirigeant passé par Chloé et Maison Margiela

Diplômé de la Bocconi, Riccardo Bellini a dirigé Chloé de 2019 à 2023, période marquée par une élévation de marque, des avancées fortes en durabilité et une rationalisation de l’offre. Avant cela, il a piloté Maison Margiela, après des fonctions stratégiques chez Diesel et douze années chez Procter & Gamble dans la beauté sélective. En janvier 2025, il a rejoint Mayhoola en tant que managing director, ce qui lui donne une vision intime de l’actionnaire de référence de Valentino. Ce parcours hybride, créatif et opérationnel, structure sa légitimité pour mener une phase de relance.
Un duo avec Alessandro Michele pour réactiver le désir
Le nouveau PDG formera un tandem avec Alessandro Michele, directeur de la création arrivé en 2024. Leur feuille de route porte sur la consolidation de l’ADN couture, un langage visuel immédiatement reconnaissable et une exécution commerciale plus précise, collection par collection. Après des débuts contrastés en magasin, l’objectif est de convertir l’énorme capital culturel de la maison en traction commerciale durable, sans renier la poésie propre à Valentino.
Où en est la maison
En 2024, Valentino a enregistré une légère érosion de ses revenus et de sa rentabilité, reflet d’un cycle mondial plus exigeant et d’un calendrier créatif en transition. La mission de Riccardo Bellini consiste à relever la valeur perçue, affiner la distribution, protéger les prix et rythmer les animations retail. Il s’agit aussi de ré-harmoniser la couture, la maroquinerie et les accessoires afin que l’ensemble parle d’une même voix, des salons privés à l’e-commerce.
Les chantiers prioritaires du nouveau PDG
- Premier chantier. l’offre. Renforcer les signatures haute couture et cocktail, clarifier les piliers de maroquinerie, cadrer les volumes et les coloramas par région.
- Deuxième chantier. la distribution. Optimiser la présence sélective, densifier les flagships à fort potentiel, élever l’hospitalité et le service après vente, améliorer la conversion digitale.
- Troisième chantier. la désirabilité. Événements haute couture, expositions, collaborations culturelles pertinentes, contenus éditoriaux qui racontent la main, la matière et le temps long. Ces leviers, combinés, doivent restaurer une dynamique saine de sell through.
Une gouvernance à la croisée des chemins Kering et Mayhoola
Le contexte propriétaire fera l’objet d’une attention soutenue. Kering a posé un premier jalon capitalistique, tandis que Mayhoola conserve une position de contrôle à court terme. Le choix de Riccardo Bellini envoie un signal de continuité opérationnelle vis à vis de l’actionnaire historique, tout en gardant ouvertes les options stratégiques liées à l’accord de 2023. Pour la maison, l’enjeu est de travailler au présent, avec une lecture claire des priorités, sans dépendre du tempo des transactions.
Impact pour les clients et pour le réseau
Côté client, l’attente est limpide. des produits plus lisibles, un style immédiatement Valentino, des services qui élèvent l’expérience. Côté réseau, les partenaires attendent une saisonnalité plus incarnée, des lancements mieux cadencés, des assortiments calibrés ville par ville. La réussite du duo Riccardo Bellini et Alessandro Michele se mesurera autant à la cohérence des vitrines qu’à la constance des réassorts, à la qualité des détails en boutique qu’à la clarté du discours en ligne.
Ce que révèle la séquence
La décision de nommer Riccardo Bellini confirme la capacité de Valentino à attirer des profils de dirigeant rompus aux cycles du luxe et aux arbitrages du retail international. Dans une industrie en recomposition, cette gouvernance vise la précision plus que la surenchère. Si la maison parvient à aligner création, offre, distribution et communication, elle a toutes les cartes pour transformer un patrimoine culturel immense en croissance durable.
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