Pomellato au Palais de Tokyo : la joaillerie s’expose à Paris
Élise Moreau25 juin 202613 minMode
Pomellato au Palais de Tokyo : une exposition qui réinvente la joaillerie à Paris
Du 24 juin au 20 juillet 2026, le Palais de Tokyo accueille Pomellato, Le Joaillier Révolutionnaire. Cette première exposition parisienne de la maison milanaise invite le public à découvrir un univers singulier. Un univers fait d’or, de pierres de couleur, de volumes sculpturaux, d’archives photographiques.
Pomellato ne propose pas seulement une exposition de bijoux. La maison raconte une vision. Celle d’une joaillerie contemporaine, pensée pour le quotidien, pour le mouvement, pour l’affirmation de soi. Le parcours met en lumière les créations patrimoniales, les collections actuelles, les grands noms de la photographie de mode.
Une première exposition Pomellato à Paris
Le choix du Palais de Tokyo ne doit rien au hasard. Ce lieu parisien incarne la création contemporaine. Il accueille des artistes, des designers, des photographes, des visiteurs venus du monde entier. Son architecture brute crée un contraste fort avec la brillance de l’or, la douceur des pierres, la précision des sertis.
Cette exposition permet à Pomellato de s’inscrire dans un territoire culturel plus large. La maison ne se limite pas à la boutique. Elle investit une scène artistique. Elle rend ses créations accessibles à un public curieux de mode, de design, de photographie, de luxe.
Le bijou change alors de statut. Il ne reste pas seulement un objet précieux. Il devient un objet de style. Il devient une construction visuelle. Il devient un fragment d’histoire. Cette approche correspond parfaitement à l’identité de Pomellato, souvent décrite comme libre, colorée, audacieuse.
Pomellato, une maison milanaise née en 1967
Pomellato est fondée à Milan en 1967 par Pino Rabolini. À cette époque, la joaillerie haut de gamme reste souvent réservée aux grandes occasions. Les bijoux précieux sont associés aux cérémonies, aux cadeaux, aux héritages familiaux. Pomellato choisit une autre voie.
La maison imagine des créations destinées à être portées tous les jours. Une bague peut accompagner un jean. Un collier peut compléter une chemise blanche. Une chaîne en or peut devenir une signature personnelle. Cette idée paraît naturelle aujourd’hui. Elle était pourtant révolutionnaire à la fin des années 1960.
Le concept de prêt-à-porter joaillier devient alors l’une des grandes forces de Pomellato. Le bijou quitte la vitrine figée. Il entre dans la vie. Il suit les mouvements. Il accompagne les femmes au travail, en voyage, lors d’un dîner, à un rendez-vous important.
Le prêt-à-porter joaillier, une révolution de style
Le prêt-à-porter joaillier repose sur une idée simple : un bijou précieux doit pouvoir se porter sans attendre un événement particulier. Pomellato défend une joaillerie proche du corps. Une joaillerie confortable. Une joaillerie expressive.
Cette vision se traduit dans les formes. Les bagues sont généreuses. Les chaînes prennent du volume. Les pierres attirent le regard. Les montures restent souples. Chaque création doit posséder une présence, sans devenir rigide ou trop cérémonielle.
Pomellato propose ainsi un autre rapport au luxe. Le bijou n’est plus seulement une preuve de richesse. Il devient une manière de se raconter. Il accompagne une personnalité. Il souligne une allure. Il peut être porté seul ou associé à d’autres pièces.
Cette liberté séduit une clientèle attentive à la mode. Elle attire aussi des personnes qui cherchent un bijou moins conventionnel. Une pièce forte. Une couleur particulière. Une bague qui ne ressemble pas à toutes les autres.
Alba Cappellieri, commissaire de l’exposition
L’exposition est commissariée par Alba Cappellieri, docteure, professeure, directrice du département Jewelry Design au Politecnico di Milano. Son regard permet de replacer Pomellato dans l’histoire du design italien, de la mode, de la joaillerie contemporaine.
Le parcours ne suit pas uniquement une chronologie. Il s’organise autour de cinq axes : le style, le savoir-faire, la couleur, l’image, les femmes. Cette approche rend la visite plus vivante. Elle permet de comprendre ce qui fait la singularité de la maison.
Le visiteur découvre des pièces patrimoniales, des collections récentes, des images d’archives, des créations emblématiques. Il observe les évolutions du bijou Pomellato. Il comprend aussi la cohérence du langage créatif de la maison.
Le style Pomellato, entre volumes sculpturaux et sensualité
Le style Pomellato repose sur des volumes généreux. Les bijoux ne cherchent pas à disparaître. Ils assument leur présence. Une bague devient presque une sculpture miniature. Une chaîne habille le cou. Une pierre colorée transforme immédiatement une silhouette.
Cette esthétique s’éloigne de la joaillerie traditionnelle, souvent très codifiée. Pomellato privilégie des formes plus organiques. Plus tactiles. Plus proches du design. Les bijoux donnent envie d’être regardés. Ils donnent aussi envie d’être touchés.
La sensualité joue un rôle essentiel. Une pierre lisse capte la lumière différemment d’une pierre facettée. Une chaîne souple accompagne la peau. Une bague cabochon crée une impression de douceur. Ces détails construisent l’identité visuelle de la maison.
Le style Pomellato parle autant aux amateurs de bijoux qu’aux passionnés d’objets. Une création devient une pièce de design. Elle possède une forme, une matière, une fonction, une émotion.
Les pierres de couleur, le langage iconique de la maison
Les pierres de couleur occupent une place centrale dans l’univers Pomellato. Elles permettent à la maison de sortir d’une vision trop classique de la joaillerie. La couleur devient un choix esthétique. Elle devient aussi un choix émotionnel.
Topaze bleue. Améthyste. Citrine. Prasiolite. Tourmaline. Grenat. Ces pierres apportent de la lumière, de la profondeur, de la personnalité. Elles créent des associations inattendues. Elles changent l’allure d’une bague, d’un pendentif, d’une boucle d’oreille.
Pomellato ne traite pas la pierre comme un simple signe de valeur. La pierre raconte une ambiance. Elle évoque une saison. Elle dialogue avec la carnation. Elle donne du caractère à une tenue sobre. Elle apporte une touche de couleur à un look noir ou blanc.
Cette approche distingue la maison sur le marché de la joaillerie. Le diamant reste important. Pourtant, les pierres de couleur permettent de créer une émotion plus personnelle. Elles séduisent une clientèle à la recherche de pièces singulières.
La collection Nudo, une icône de la joaillerie contemporaine
La collection Nudo représente l’un des symboles les plus connus de Pomellato. Son nom signifie « nu » en italien. Il évoque la pureté de la pierre. Il évoque aussi la simplicité du design.
Le bijou Nudo se reconnaît à son cabochon coloré. La pierre semble presque flotter sur l’anneau. La monture reste discrète. Elle laisse toute la place à la couleur. Cette forme apporte une grande douceur au bijou.
Le cabochon offre une autre manière de regarder la pierre. Il ne cherche pas à multiplier les facettes. Il valorise une surface lisse. Il crée une lumière diffuse. Il donne au bijou une dimension plus tactile.
La collection Nudo illustre parfaitement le positionnement Pomellato. Un design identifiable. Une pierre forte. Un bijou précieux. Un port simple. Une élégance facile à adopter au quotidien.
La photographie de mode, un pilier de l’identité Pomellato
La photographie occupe une place importante dans l’exposition. Pomellato a travaillé avec de grands noms de l’image. Gian Paolo Barbieri. Helmut Newton. Herb Ritts. Snowdon. Michel Comte. Horst P. Horst. Ces photographes ont participé à la construction de l’imaginaire de la maison.
La photographie de mode transforme la perception du bijou. Dans une vitrine, une bague reste un objet. Dans une image, elle devient un récit. Elle apparaît sur une main. Elle dialogue avec un visage. Elle accompagne une attitude. Elle peut changer l’équilibre d’une silhouette entière.
Les campagnes Pomellato ont toujours mis en avant une femme libre. Une femme consciente de son style. Une femme qui porte ses bijoux pour elle-même. Cette vision a renforcé la modernité de la maison.
Au Palais de Tokyo, les photographies apportent une profondeur supplémentaire à l’exposition. Elles montrent comment Pomellato a utilisé l’image pour construire une esthétique. Le bijou devient un élément de mode. Il devient une affirmation. Il devient un langage visuel.
Les femmes au cœur du récit Pomellato
La relation entre Pomellato et les femmes constitue l’un des fils conducteurs du parcours. Depuis ses débuts, la maison défend une joaillerie pensée pour l’indépendance, l’expression de soi, le plaisir de choisir.
Ce message prend une place particulière dans l’histoire de la joaillerie. Longtemps, les bijoux ont été associés à l’idée de cadeau. Ils ont parfois symbolisé une union, un statut, une transmission. Pomellato affirme une autre possibilité : choisir un bijou pour soi.
Une bague peut célébrer une réussite professionnelle. Un collier peut marquer un changement de vie. Une paire de boucles d’oreilles peut devenir un geste spontané. Le bijou ne demande pas forcément de justification. Il peut simplement faire plaisir.
La plateforme Pomellato for Women prolonge cette vision. La maison associe son image à une féminité forte, inclusive, librement choisie. Cette prise de parole renforce son identité. Elle donne aussi une dimension plus contemporaine à son discours.
Le Palais de Tokyo, un écrin contemporain pour la joaillerie
Le Palais de Tokyo offre un cadre très différent d’une boutique de luxe traditionnelle. Ici, le bijou s’éloigne temporairement de l’achat. Il devient un objet à observer. Il devient une forme. Il devient une lumière.
L’architecture brute du lieu crée un contraste avec les matières précieuses. Les pierres colorées ressortent davantage. L’or semble plus vivant. Les créations prennent une dimension presque sculpturale. Le visiteur regarde autrement.
Cette mise en scène permet aussi de toucher un public large. Les amateurs d’art contemporain. Les étudiants en design. Les passionnés de photographie. Les professionnels de la mode. Les visiteurs internationaux. Tous peuvent découvrir Pomellato sous un angle différent.
Pour la maison, l’enjeu est important. Une exposition au Palais de Tokyo nourrit la désirabilité. Elle affirme une légitimité culturelle. Elle crée des images. Elle alimente les conversations sur les réseaux sociaux, dans la presse, dans les boutiques.
Une stratégie culturelle au service de la désirabilité
Le luxe ne se construit pas uniquement dans les points de vente. Il se construit aussi dans la culture. Une exposition offre du temps. Elle offre une histoire. Elle permet d’observer un produit sans pression commerciale.
Pomellato utilise ce format pour renforcer son image. La maison valorise ses archives. Elle met en avant son design. Elle rappelle son rôle dans l’évolution de la joaillerie. Elle présente aussi ses collections actuelles dans un contexte plus riche.
Cette stratégie peut créer une préférence durable. Un visiteur découvre une pierre. Il retient une photographie. Il s’attache à une esthétique. Plus tard, il entre en boutique avec une meilleure compréhension de l’univers Pomellato.
Le parcours culturel devient alors un point de contact. Il prépare une relation. Il favorise la fidélité. Il transforme le bijou en objet de désir, mais aussi en souvenir d’une expérience.
La haute joaillerie Pomellato, entre Milan et Paris
Pomellato reste profondément lié à Milan. Cette ville possède une culture forte du design, de la matière, de la fonctionnalité. La maison transpose cette sensibilité dans la joaillerie. Elle privilégie les lignes visibles. Elle aime les volumes. Elle valorise les couleurs.
La haute joaillerie Pomellato pousse cette approche plus loin. Les créations utilisent des pierres rares. Elles associent des couleurs surprenantes. Elles développent des montures complexes. Elles conservent pourtant une relation directe avec le corps.
Le bijou ne doit pas sembler inaccessible. Il doit rester vivant. Il doit être porté. Il doit suivre les gestes. Cette vision distingue Pomellato de nombreuses maisons plus patrimoniales.
Paris offre à la griffe milanaise une scène internationale. La capitale française possède une histoire forte dans la haute couture, le luxe, les arts décoratifs, la photographie de mode. Cette exposition permet à Pomellato de dialoguer avec cet héritage, sans perdre son identité italienne.
Pourquoi cette exposition intéresse les passionnés de mode ?
L’exposition Pomellato dépasse la joaillerie. Elle intéresse les amateurs de mode. Elle montre comment un bijou peut structurer une silhouette. Comment une photographie peut créer une icône. Comment une pierre de couleur peut devenir un signe de style.
Le parcours rappelle que le bijou participe à l’allure. Il ne complète pas seulement une tenue. Il peut devenir son point de départ. Une grosse bague colorée peut transformer une chemise classique. Une chaîne en or peut modifier une robe minimaliste. Un pendentif peut attirer le regard vers un décolleté ou un col fermé.
Pomellato défend donc une joaillerie proche de la mode. Une joaillerie qui évolue avec les goûts. Une joaillerie qui respecte les savoir-faire. Une joaillerie qui garde une liberté de ton.
Ce que Pomellato dit de l’évolution du luxe
Le luxe contemporain ne peut plus uniquement s’appuyer sur son histoire. Il doit rendre cette histoire visible. Il doit lui donner une forme. Il doit la faire ressentir. Les expositions deviennent ainsi des outils essentiels pour les maisons de luxe.
Pomellato ne se contente pas de montrer des bijoux. La maison met en scène une vision. Elle montre que la valeur ne repose pas seulement sur le métal ou la pierre. Elle repose aussi sur le design, sur l’image, sur le savoir-faire, sur l’émotion.
Cette exposition au Palais de Tokyo confirme une évolution majeure. Les maisons de joaillerie deviennent aussi des acteurs culturels. Elles construisent des récits. Elles produisent des images. Elles créent des expériences. Elles cherchent à rester présentes dans l’esprit du public.
Pour Pomellato, ce premier rendez-vous parisien représente donc bien plus qu’un événement. Il affirme une identité. Il célèbre une histoire. Il ouvre un nouveau dialogue avec la mode, le design, la photographie, les femmes qui portent les bijoux.
Sources françaises
Palais de Tokyo, « Pomellato, Le Joaillier Révolutionnaire ».
Journal du Luxe, « Joaillerie : Pomellato s’expose pour la première fois à Paris », 24 juin 2026.
Le Monde, « Au Palais de Tokyo, l’univers sophistiqué du joaillier Pomellato mis en scène par de grands photographes de mode », 19 juin 2026.
Élise Moreau est rédactrice en chef de Luxe Daily, spécialisée dans la mode haute couture et la joaillerie de prestige. Avec plus de dix ans d'expérience dans les médias du…