Kering a choisi de décaler à 2028 au plus tôt l’acquisition de Valentino. D’ici là, la structure de propriété reste inchangée. Ce contretemps interroge la feuille de route du groupe sur un marché du luxe bousculé par la volatilité et la concurrence.
Pourquoi ce report ?
L’opération, pensée pour muscler le portefeuille de Kering, est freinée par un faisceau de facteurs :
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Performance contrastée de Valentino, en deçà des attentes récentes ;
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Conjoncture fluctuante sur l’ensemble du secteur ;
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Pression concurrentielle accrue, avec des groupes rivaux très offensifs.
Où en est Valentino ?
Fondée en 1960, la maison italienne conserve une aura couture et une clientèle fidèle. Le report lui offre un temps de respiration : poursuivre sa trajectoire créative et commerciale sans changement d’actionnariat immédiat.
Ce que cela implique pour Kering
Côté Kering, ce délai est autant un défi qu’une opportunité :
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Concentrer l’effort sur Gucci, pilier du groupe, pour relancer une croissance qualitative ;
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Arbitrer les investissements vers d’autres marques du portefeuille ou d’éventuelles cibles ;
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Accélérer l’innovation et la durabilité (produits, supply, retail), devenues critères de choix pour les clients et les investisseurs.
Valentino à l’horizon 2028 : priorités de croissance
Sans bouleversement capitalistique à court terme, Valentino peut :
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Étendre son footprint dans des zones clés (Asie, Moyen-Orient, Amériques) ;
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Multiplier les capsules et dialogues créatifs avec des designers invités ;
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Accroître sa puissance digitale (e-commerce, social, CRM, live shopping) pour mieux convertir l’attention en ventes.
Un marché du luxe en recomposition
Entre nouvelles attentes (authenticité, durabilité, valeur d’usage) et cycles économiques heurtés, les maisons doivent gagner en agilité.
Dans ce contexte, le choix de Kering apparaît pour certains comme une décision prudente, pour d’autres comme un rendez-vous manqué à court terme.
Report 2028
Le report à 2028 ouvre un entre-deux stratégique : Kering ajuste ses priorités tandis que Valentino consolide ses fondamentaux. Les décisions prises dans cette parenthèse — repositionnement, offre, distribution — façonneront l’équilibre des forces au prochain chapitre du luxe.
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