Kering et son engagement sociétal : Lutte contre les violences intrafamiliales
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Kering et son engagement sociétal : Lutte contre les violences intrafamiliales

Il y a des sujets qu’un groupe de luxe pourrait choisir de laisser à d’autres. Se concentrer sur ses défilés, ses campagnes, ses résultats financiers, et s’arrêter là. Kering a pris une autre voie. Depuis plusieurs années, le groupe s’affirme sur un terrain qui dépasse largement les vitrines et les podiums : celui de la responsabilité sociétale, et en particulier de la lutte contre les violences intrafamiliales.

Derrière cette expression froide se cachent des réalités dramatiques : des femmes, des enfants, parfois des hommes, pris dans un cycle de peur, de contrôle et de violences physiques, psychologiques, économiques ou sexuelles. Le luxe n’est pas à l’abri de ces histoires-là. Elles traversent toutes les classes sociales, tous les milieux, toutes les cultures.

C’est précisément ce constat que Kering a décidé de regarder en face, en faisant de ce combat l’un des axes majeurs de son engagement.

Les violences intrafamiliales : un fléau universel, trop souvent invisible

Kering et son engagement sociétal : Lutte contre les violences intrafamiliales

On parle d’intrafamilial parce que ces violences se déroulent là où, théoriquement, chacun devrait être le plus en sécurité : à la maison. Ce sont des coups, bien sûr, mais aussi des insultes répétées, des humiliations, des menaces, l’isolement, la privation d’argent, le contrôle permanent du téléphone ou des déplacements.

Les études internationales le rappellent année après année :

  • une femme sur trois, dans le monde, risque d’être confrontée à des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie ;
  • les enfants exposés à ces violences, même s’ils ne sont pas directement frappés, en gardent souvent des traces profondes : anxiété, difficultés scolaires, troubles du sommeil, sentiment de culpabilité ou de honte ;
  • les conséquences se répercutent sur la santé, la vie professionnelle, les liens sociaux, et finissent par peser sur l’ensemble de la société.

Pendant longtemps, ces violences ont été considérées comme une affaire “privée”, une histoire de couple ou de famille. Aujourd’hui, il devient de plus en plus clair qu’elles constituent un enjeu de santé publique et un sujet sur lequel les entreprises ont, elles aussi, un rôle à jouer.

Pourquoi un groupe de luxe s’empare d’un tel sujet ?

Kering et son engagement sociétal : Lutte contre les violences intrafamiliales

À première vue, Kering aurait pu choisir une cause plus « attendue » pour un acteur du luxe : la culture, la création, la préservation du patrimoine. Au lieu de cela, le groupe a décidé d’investir une thématique dure, sensible, parfois taboue.

Ce choix repose sur une conviction : une entreprise qui emploie des milliers de personnes dans le monde ne peut pas faire comme si la violence qui touche ses collaboratrices, ses collaborateurs et plus largement ses clients, ses communautés ne la concernait pas.

Les violences intrafamiliales ont un impact concret sur la vie professionnelle :

  • absences répétées,
  • baisse de concentration,
  • difficultés à maintenir un niveau de performance,
  • besoin de changer d’adresse, d’organisation, parfois de poste.

En s’engageant sur ce sujet, Kering envoie un message clair : « Vous n’êtes pas seuls. Ce que vous vivez chez vous n’est pas un problème que vous devez régler en silence. Nous avons une responsabilité, et nous choisissons de la prendre au sérieux. »

Un programme de recherche pour comprendre avant d’agir

Plutôt que de se limiter à une campagne de communication symbolique, le groupe a choisi une approche plus exigeante : investir dans la recherche.

Ce programme, lancé à l’échelle internationale, vise à mieux comprendre :

  • comment se mettent en place les dynamiques de violences au sein des familles ;
  • quels facteurs aggravent ou, au contraire, freinent leur évolution ;
  • comment les dispositifs existants peuvent – ou non – répondre aux besoins réels des victimes.

Analyse des dynamiques familiales

Les violences intrafamiliales ne naissent pas du jour au lendemain. Elles s’installent souvent de façon progressive : jalousie, contrôle, critiques, puis insultes, menaces, coups. Comprendre ces mécanismes, c’est aussi repérer les signaux d’alerte précoces pour agir plus tôt.

Études épidémiologiques

Le programme s’intéresse également aux profils des victimes, aux contextes, aux trajectoires. Quels sont les freins à la demande d’aide ? Quelles sont les conséquences à long terme sur la santé mentale et physique ? Comment les enfants exposés à ces violences construisent-ils ensuite leurs propres relations ?

Évaluation des dispositifs de soutien

Enfin, Kering veut savoir si les structures d’accueil, les lignes d’écoute, les dispositifs juridiques et sociaux fonctionnent réellement pour celles et ceux qui en ont besoin. Sont-ils accessibles ? suffisamment connus ? adaptés aux réalités professionnelles des victimes ?

L’idée n’est pas de remplacer les pouvoirs publics, mais de mettre à disposition des experts et des associations des données solides, susceptibles de nourrir des politiques plus efficaces.

Travailler avec des experts : une condition non négociable

Un sujet aussi complexe ne peut pas être traité à coups d’intuition ou de bonne volonté, aussi sincère soit-elle. C’est pourquoi Kering a choisi de s’entourer de professionnels du terrain :

  • des chercheuses et des chercheurs en sciences sociales, en psychologie, en droit,
  • des psychologues spécialisés dans les traumatismes,
  • des associations qui accompagnent les victimes au quotidien,
  • des travailleurs sociaux, des juristes, des médecins.
  • Cette collaboration permet au groupe d’éviter deux écueils :
  • la tentation de simplifier à l’excès un problème extrêmement nuancé ;
  • le risque de « parler à la place de », au lieu d’écouter celles et ceux qui vivent ou accompagnent ces situations.

Les experts apportent un regard critique, pointent ce qui fonctionne et ce qui doit être amélioré, rappellent aussi les limites : tout ne pourra pas être réglé par une entreprise, même engagée. Mais une entreprise peut ouvrir des portes, donner des moyens, amplifier des initiatives déjà existantes.

Faire évoluer les mentalités en interne

Un engagement sociétal crédible commence toujours par ce qui se passe à l’intérieur de l’entreprise. Kering l’a bien compris.

Concrètement, cela se traduit par :

  • des sessions de sensibilisation pour l’ensemble des salariés, afin de mieux comprendre ce que recouvrent les violences intrafamiliales ;
  • des formations spécifiques pour les managers et les équipes RH : comment repérer certains signaux ? Comment réagir si un collaborateur confie être victime de violences ? Quels mots utiliser – et lesquels éviter ?
  • la mise en place de protocoles d’alerte et d’accompagnement, pour que la personne concernée ne soit pas laissée seule face à sa situation.

L’objectif n’est pas de transformer chaque manager en travailleur social. Il s’agit plutôt de leur donner des repères : savoir écouter sans juger, orienter vers les bons interlocuteurs, ne pas minimiser ce qui est confié.

Créer un environnement où un collaborateur peut dire « je ne vais pas bien, je suis en danger chez moi » sans craindre d’être stigmatisé ou pénalisé, c’est déjà, en soi, un pas immense.

Informer, sensibiliser, briser le silence

En parallèle du travail interne, Kering multiplie les actions de sensibilisation plus larges.

Cela passe par : des campagnes d’information sur les violences intrafamiliales, diffusées en interne mais aussi vers le grand public, la mise en avant de numéros d’urgence, de plateformes d’écoute, de ressources locales, des interventions d’experts lors de conférences, tables rondes, événements dédiés aux collaborateurs, mais aussi à des partenaires extérieurs.

L’idée est simple : plus on parle de ces violences, plus on les nomme, plus on les explique, moins elles ont de chances de se cacher derrière les portes closes.

Pour beaucoup de victimes, mettre des mots sur ce qu’elles vivent est déjà une étape difficile :  »Je pensais que ce n’était pas assez grave. »
 »Je me disais que c’était de ma faute. »
 »Je ne voulais pas déranger. »

En normalisant le fait d’en parler, en expliquant que la violence ne se limite pas aux coups, que le contrôle, les menaces et l’humiliation en font partie, Kering contribue à faire tomber certains tabous.

Soutenir des initiatives sur le terrain

La recherche et la sensibilisation sont essentielles, mais elles ne suffisent pas. Pour que les choses bougent réellement, il faut aussi des moyens concrets.

Le groupe soutient ainsi différentes actions sur le terrain, en partenariat avec des associations spécialisées : financement de refuges pour les victimes et leurs enfants, participation au développement de programmes d’accompagnement psychologique et juridique, soutien à des ateliers de formation pour les professionnels (soignants, éducateurs, forces de l’ordre, etc.), afin de mieux accueillir la parole des victimes.

Ces initiatives ont une caractéristique commune : elles s’inscrivent dans la durée. L’idée n’est pas de financer un projet ponctuel pour cocher une case, mais d’entrer dans une logique de partenariats suivis, où les besoins sont régulièrement réévalués.

Mesurer l’impact, accepter de se remettre en question

Un engagement sérieux implique aussi de se demander, régulièrement : « Est-ce que ce que nous faisons fonctionne réellement ? »

Kering cherche à mesurer l’impact de ses actions grâce à différents indicateurs :

  • nombre de salariés formés,
  • nombre de victimes orientées vers des dispositifs d’aide,
  • retours qualitatifs des associations partenaires,
  • évolution de la perception du sujet en interne (via des enquêtes anonymes, par exemple).

Ces données permettent d’ajuster la stratégie, de renforcer ce qui porte ses fruits, d’abandonner ce qui ne fonctionne pas, d’explorer de nouvelles pistes.

Il y a une forme d’humilité dans cette démarche : reconnaître qu’un engagement n’est jamais  »terminé », qu’il doit être constamment réévalué à l’aune de la réalité.

La responsabilité sociale des entreprises : un rôle désormais incontournable

L’exemple de Kering illustre une évolution plus large : on attend désormais des entreprises, surtout lorsqu’elles ont la taille et la visibilité d’un groupe de luxe, qu’elles prennent position sur des sujets de société, et qu’elles agissent.

La lutte contre les violences intrafamiliales n’est pas un domaine réservé aux associations ou aux pouvoirs publics.
Les entreprises peuvent :

  • offrir un cadre de travail plus sûr et plus bienveillant ;
  • relayer des informations essentielles ;
  • soutenir financièrement des structures spécialisées ;
  • utiliser leur influence médiatique pour amplifier des messages de prévention et de soutien.

Quand un groupe comme Kering choisit de s’impliquer à ce niveau, il envoie un signal à tout un écosystème : dans le luxe aussi, on peut et on doit parler de ces sujets.

L’engagement sociétal n’est plus un supplément d’âme, c’est une dimension centrale de la légitimité d’une marque.

Vers un avenir sans violence : un objectif ambitieux, mais nécessaire

Parler d’un « avenir sans violence » peut sembler utopique. Les violences intrafamiliales ne disparaîtront pas du jour au lendemain, et Kering ne prétend pas, à lui seul, changer le monde.

Mais chaque programme de recherche, chaque action de sensibilisation, chaque refuge financé, chaque salarié mieux informé contribue à déplacer la ligne. Là où, hier, la violence était parfois minimisée, excusée, ignorée, on commence à la reconnaître, à la nommer, à la combattre.

En s’engageant de manière structurée, transparente et durable, Kering montre qu’un groupe de luxe peut être autre chose qu’un symbole de prestige : un acteur social, conscient de son impact, prêt à prendre sa part de responsabilité.

C’est ce type d’engagement, patient, concret, souvent discret, qui fera peut-être, à long terme, la différence pour des milliers de personnes.

Et si un jour, un collaborateur, une cliente, une personne touchée par une campagne ou un programme du groupe se dit « Grâce à cela, je me suis sentie moins seule, j’ai osé demander de l’aide », alors cette démarche aura déjà trouvé tout son sens.