Burberry au T1 2025 : des ventes toujours en baisse, mais un redressement qui se précise
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Burberry au T1 2025 : des ventes toujours en baisse, mais un redressement qui se précise

T1 2025 ou T1 2025/2026 : de quelle période parle-t-on exactement ?

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Le 18 juillet 2025, Burberry a publié les résultats commerciaux de son premier trimestre fiscal, couvrant les treize semaines achevées le 28 juin 2025. La maison britannique a enregistré 433 millions de livres sterling de revenus retail, contre 458 millions de livres au cours de la même période de l’exercice précédent.

La baisse atteint ainsi 6 % à taux de change courants, mais seulement 2 % à taux de change constants. Surtout, les ventes comparables n’ont reculé que de 1 %, après une chute de 21 % un an plus tôt. Ce contraste constitue le principal enseignement de la publication : Burberry ne renoue pas encore pleinement avec la croissance, mais la dégradation rapide observée en 2024 semble avoir été enrayée. Une précision est indispensable pour interpréter correctement les chiffres.

Burberry utilise un calendrier fiscal décalé. Les résultats annoncés en juillet 2025 correspondent donc au premier trimestre de l’exercice 2025/2026, parfois désigné sous l’appellation anglaise Q1 FY26. La période couvre les treize semaines achevées le 28 juin 2025. Il ne s’agit donc pas du premier trimestre civil, compris entre janvier et mars 2025.

Autre nuance importante : Burberry communique dans cette publication un revenu retail, et non un chiffre d’affaires consolidé incluant tous les revenus du wholesale et des licences. Employer l’expression « chiffre d’affaires trimestriel » reste courant, notamment dans les recherches Google, mais revenus retail constitue le terme financier le plus précis.

Les chiffres clés de Burberry au premier trimestre 2025

IndicateurT1 2025/2026T1 2024/2025Évolution
Revenus retail433 M£458 M£-6 % en données publiées
Revenus retail à taux constants-2 %
Ventes comparables-1 %-21 %Amélioration de 20 points
Effet de l’évolution du réseau-1 %+1 %Contribution négative
Impact des devisesEnviron -4 pointsEffet défavorable

Les 433 millions de livres sterling représentent environ 510 millions d’euros, selon une conversion indicative fondée sur les parités moyennes livre-euro observées entre avril et juin 2025. Les 458 millions de livres de la période précédente équivalaient approximativement à 537 millions d’euros aux taux moyens du deuxième trimestre 2024.

Ces conversions permettent de donner un ordre de grandeur aux lecteurs français, mais les comparaisons financières doivent prioritairement être effectuées en livres sterling et à taux de change constants. Les moyennes de la Banque de France indiquent qu’un euro valait respectivement 0,8538 livre en avril 2025, 0,8435 livre en mai et 0,8498 livre en juin.

Une baisse de 6 %, mais une activité presque stable à taux constants

À première vue, la contraction de 6 % des revenus pourrait sembler préoccupante. Elle doit cependant être décomposée. Burberry indique que ses ventes retail ont diminué de 2 % à taux de change constants. Les fluctuations monétaires ont représenté un effet défavorable supplémentaire d’environ quatre points, conduisant à une baisse publiée de 6 %. L’évolution des devises a donc pesé significativement sur les comptes exprimés en livres, sans traduire à elle seule une détérioration équivalente de la demande.

Le chiffre le plus surveillé par les analystes reste celui des ventes comparables, qui mesure l’évolution des magasins ouverts depuis plus de douze mois, en tenant également compte du commerce en ligne. Leur recul limité à 1 % contraste fortement avec les -21 % enregistrés un an auparavant. Burberry n’était pas encore revenu à la croissance, mais la trajectoire opérationnelle avait radicalement changé.

Comparaison avec le premier trimestre 2024

Au cours des treize semaines achevées le 29 juin 2024, Burberry avait réalisé 458 millions de livres de revenus retail, contre 589 millions un an plus tôt. La baisse atteignait alors :

  • 22 % à taux de change courants ;
  • 20 % à taux de change constants ;
  • 21 % sur les ventes comparables.

La maison avait également suspendu son dividende au titre de l’exercice 2024/2025, afin de protéger son bilan et de conserver les moyens d’investir dans son redressement. En 2025, le revenu exprimé en valeur absolue restait inférieur à celui de 2024. La comparaison des ventes comparables montre néanmoins que la baisse n’avait plus la même intensité. Il est donc plus juste de parler d’une stabilisation commerciale que d’une simple poursuite du recul.

Des performances très contrastées selon les régions

La dynamique de Burberry variait sensiblement d’un marché à l’autre.

RégionÉvolution des ventes comparables
EMEIA+1 %
Amériques+4 %
Grande Chine-5 %
Asie-Pacifique hors Grande Chine-4 %

Les Amériques renouent avec la croissance

Les Amériques ont constitué la région la plus dynamique, avec une progression de 4 % des ventes comparables. Burberry attribuait notamment cette amélioration à l’acquisition de nouveaux clients. Ce résultat suggérait que le recentrage de la marque sur un luxe britannique plus identifiable commençait à trouver son public aux États-Unis.

L’Europe progresse grâce à la clientèle locale

Dans la région EMEIA, qui regroupe l’Europe, le Moyen-Orient, l’Inde et l’Afrique, les ventes comparables ont augmenté de 1 %. Les dépenses des clients locaux ont compensé la faiblesse des achats touristiques. Ce point est essentiel pour les maisons de luxe européennes, historiquement très dépendantes des voyageurs internationaux et des écarts de prix entre régions.

Pour approfondir ces mutations, Luxe Daily analyse également la nécessité de réenchanter l’expérience retail grâce aux conseillers de vente.

La Chine reste le principal point de vigilance

En Grande Chine, les ventes comparables ont diminué de 5 %, dont une baisse de 4 % en Chine continentale. Le recul était encore significatif, mais il s’était nettement modéré par rapport aux trimestres précédents. La demande chinoise restait pénalisée par une confiance fragile, les difficultés du marché immobilier et des comportements d’achat devenus plus sélectifs.

Cette évolution ne signifie pas que le consommateur chinois abandonne le luxe. Elle traduit plutôt une recomposition de la demande, entre arbitrage des dépenses, montée des marques locales, voyages internationaux et recherche de produits considérés comme plus distinctifs. Cette transformation est étudiée plus largement dans notre analyse du marché du luxe en Chine et de ses perspectives.

L’Asie-Pacifique demeure sous pression

Les ventes comparables ont reculé de 4 % dans le reste de l’Asie-Pacifique.

La Corée du Sud a progressé, mais cette amélioration n’a pas suffi à compenser les difficultés rencontrées au Japon. Le groupe évoquait notamment une performance japonaise difficile après une période où la faiblesse du yen avait fortement soutenu les achats touristiques.

Burberry reste ainsi exposé à des marchés dont les performances dépendent autant de la demande locale que des flux touristiques, des monnaies et des différences de prix internationales.

Pourquoi les ventes de Burberry se sont-elles stabilisées ?

La stabilisation ne repose pas sur une reprise générale du secteur. Elle semble principalement liée aux premières mesures du plan Burberry Forward.

Un retour aux codes britanniques de la maison

Sous la direction de Joshua Schulman, Burberry a renforcé son positionnement autour d’un luxe britannique intemporel.

La maison a remis au premier plan ses catégories les plus reconnaissables :

  • les trenchs et vêtements d’extérieur ;
  • les écharpes ;
  • le motif Burberry Check ;
  • les références à la campagne britannique ;
  • un vestiaire plus lisible et plus directement associé à l’histoire de la marque.

Cette stratégie vise à restaurer la désirabilité de la marque sans poursuivre une montée en gamme déconnectée de sa clientèle historique.

Des campagnes mieux différenciées

Burberry a multiplié les prises de parole autour de plusieurs facettes de la culture britannique. La campagne Highgrove, inspirée par les jardins de la résidence privée du roi Charles III, ciblait une clientèle sensible à l’héritage et au savoir-faire. La campagne Festival, nourrie par l’imaginaire des festivals britanniques, cherchait au contraire à toucher un public plus jeune. Cette diversité permet à la maison de s’adresser à plusieurs profils sans abandonner une identité commune.

Une collection recentrée sur les produits identitaires

La collection automne 2025, la première pleinement inscrite dans l’ère Burberry Forward, a été construite autour de moins d’idées, mais de propositions plus fortes. Cette approche répond à un enjeu central dans le luxe : lorsque l’offre devient trop complexe, l’identité de la maison peut se diluer. Burberry cherche donc à renforcer ses produits héros, capables d’être immédiatement reconnus et de soutenir les ventes sur plusieurs saisons.

Une amélioration du merchandising en boutique

La maison a également revu la présentation de ses produits dans les magasins.

Burberry testait notamment des espaces dédiés aux écharpes, baptisés Scarf Bars. Les premiers pilotes affichaient de meilleures performances que le reste du réseau, conduisant le groupe à prévoir environ 200 installations avant la fin de l’exercice.

L’objectif est double : augmenter la visibilité des catégories emblématiques et améliorer le taux de conversion en boutique.

Une progression du commerce en ligne

Le groupe signalait un renforcement de son activité numérique pour le troisième trimestre consécutif. L’amélioration du mix produit, du stylisme, de la navigation et du storytelling contribuait à soutenir les ventes en ligne. Le digital ne se limite plus à un canal transactionnel : il devient un outil de découverte, de personnalisation et de préparation de la visite en boutique.

Cette évolution rejoint les nouvelles attentes décrites dans notre dossier consacré au nouveau client du luxe et à l’importance de l’expérience.

Comment les marchés financiers ont-ils réagi ?

La publication a été mieux accueillie que les résultats de l’année précédente. Selon Reuters, les analystes anticipaient une baisse d’environ 3 % des ventes comparables. Le recul publié de seulement 1 % a donc dépassé les attentes. L’action Burberry a progressé d’environ 4 % dans les premiers échanges du 18 juillet 2025. Cette réaction traduit un changement de perception.

Les investisseurs ne considéraient pas que le redressement était achevé. Ils estimaient cependant que les actions engagées sur le positionnement, l’offre et les coûts commençaient à produire des résultats tangibles. La progression du cours reposait ainsi moins sur le niveau absolu des revenus que sur trois signaux :

  1. une baisse des ventes plus faible que prévu ;
  2. un retour à la croissance dans les Amériques et en Europe ;
  3. une amélioration séquentielle dans toutes les régions.

Burberry Forward : les quatre leviers du redressement

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Le plan stratégique Burberry Forward, lancé en novembre 2024, vise à raviver la désirabilité de la marque, améliorer ses performances et créer de la valeur à long terme. Il repose sur quatre grands leviers.

Clarifier l’identité de marque

Burberry veut redevenir immédiatement identifiable comme la grande maison du luxe britannique, en combinant héritage, fonctionnalité et création contemporaine.

Renforcer les catégories emblématiques

Les vêtements d’extérieur et les écharpes servent de points d’entrée dans l’univers de la maison. Leur succès doit ensuite favoriser les ventes croisées vers les accessoires, la maroquinerie et le prêt-à-porter.

Améliorer la productivité commerciale

La réorganisation des boutiques, le clienteling, le merchandising et l’expérience numérique doivent augmenter les ventes par magasin sans dépendre d’une expansion rapide du réseau.

Réduire les coûts sans affaiblir la création

Burberry prévoyait 80 millions de livres d’économies annualisées pour l’exercice 2025/2026.

Cette discipline financière devait permettre de restaurer les marges tout en maintenant les investissements nécessaires dans les collections, le marketing et l’expérience client.

Le signal du T1 2025 a-t-il été confirmé depuis ?

Avec le recul disponible en 2026, la réponse est globalement positive.

Sur l’ensemble de l’exercice achevé le 28 mars 2026, Burberry a réalisé :

  • 2,420 milliards de livres de chiffre d’affaires, soit une stabilité à taux de change constants ;
  • une croissance de 2 % des ventes comparables ;
  • 160 millions de livres de résultat opérationnel ajusté, contre 26 millions un an plus tôt ;
  • une marge opérationnelle ajustée de 6,6 %, contre 1 % précédemment ;
  • 141 millions de livres de flux de trésorerie disponible.

Le groupe a également indiqué avoir réalisé 80 millions de livres d’économies et enregistré une progression à deux chiffres de son e-commerce sur la deuxième partie de l’exercice.

La dynamique s’est poursuivie au trimestre suivant. Le 17 juillet 2026, Burberry a publié 455 millions de livres de revenus retail pour les treize semaines closes le 27 juin 2026, soit :

  • +5 % en données publiées ;
  • +4 % à taux de change constants ;
  • +5 % de ventes comparables.

Les Amériques progressaient de 12 %, la Grande Chine de 9 % et l’Asie-Pacifique de 3 %. Seule la région EMEIA reculait de 3 %, pénalisée notamment par la diminution des dépenses touristiques.

Le T1 publié en juillet 2025 apparaît donc, rétrospectivement, comme l’un des premiers signes crédibles du retournement de Burberry.

Les risques qui peuvent encore freiner Burberry

Le redressement reste exposé à plusieurs facteurs.

La volatilité de la demande chinoise

La Chine demeure un marché stratégique pour le luxe, directement comme à travers les achats touristiques. Une reprise irrégulière de la consommation peut continuer à produire des performances trimestrielles contrastées.

La Direction générale du Trésor relevait déjà une faiblesse conjoncturelle de la consommation chinoise, accompagnée de pressions déflationnistes et de risques liés au secteur immobilier.

Les fluctuations des devises

Le décalage entre une baisse publiée de 6 % et une baisse de 2 % à taux constants au T1 2025 illustre la sensibilité du groupe aux monnaies.

Une livre sterling forte peut réduire la valeur comptable des revenus réalisés à l’étranger. Les devises influencent également les flux touristiques et les arbitrages de prix entre Londres, Paris, New York, Tokyo ou Shanghai.

Une reprise encore dépendante de l’exécution

Le retour aux codes historiques a permis de clarifier la marque. Burberry doit cependant éviter que ce recentrage ne soit perçu comme un simple exercice nostalgique.

Le groupe devra continuer à renouveler ses produits, maintenir sa pertinence culturelle et transformer l’intérêt pour ses campagnes en ventes récurrentes.

La pression sur les consommateurs aspirants

En France, l’inflation avait nettement ralenti à 1 % sur un an en juin 2025, selon l’Insee. Cette modération ne suffisait toutefois pas à effacer les effets cumulés des hausses de prix précédentes ni les arbitrages opérés par les consommateurs.

Pour les maisons, la difficulté consiste à préserver leurs prix et leurs marges tout en proposant une valeur suffisamment perceptible, en particulier auprès des clients aspirants.

Quelles perspectives pour Burberry et le marché du luxe ?

Burberry aborde désormais une nouvelle phase.

L’urgence n’est plus seulement de stopper la chute des ventes. La maison doit transformer sa stabilisation en croissance durable et rentable.

Ses priorités devraient rester les suivantes :

  • consolider son autorité dans l’outerwear et les écharpes ;
  • développer la maroquinerie et les accessoires sans diluer son identité ;
  • renforcer la productivité des boutiques ;
  • poursuivre la croissance du commerce en ligne ;
  • améliorer les marges grâce à une gestion plus disciplinée ;
  • adapter ses campagnes aux spécificités de chaque région.

Le marché mondial du luxe conserve un potentiel structurel important, mais sa croissance devient moins uniforme. Les clients privilégient davantage la qualité, l’expérience, la rareté et la cohérence de marque.

À plus long terme, les perspectives du secteur sont détaillées dans notre analyse du marché du luxe à l’horizon 2035.

Résultats de Burberry au premier trimestre 2025/2026

Les résultats de Burberry au premier trimestre 2025/2026 ne marquaient pas encore un retour à la croissance. Avec 433 millions de livres de revenus retail, la maison enregistrait toujours une baisse de 6 % en données publiées. Le véritable signal se trouvait ailleurs : les ventes comparables ne reculaient plus que de 1 %, contre 21 % un an auparavant.

Cette amélioration, soutenue par les Amériques, l’Europe, les catégories emblématiques et un positionnement britannique plus lisible, témoignait des premiers effets de Burberry Forward.

Les résultats publiés en mai et juillet 2026 ont depuis renforcé cette lecture. Burberry a retrouvé une croissance comparable, restauré sa rentabilité et porté ses revenus retail trimestriels à 455 millions de livres.

La transformation reste inachevée, notamment en Europe et face aux incertitudes macroéconomiques. Mais le T1 2025 apparaît désormais moins comme un trimestre de recul que comme le début mesurable d’un retournement stratégique.

FAQ sur les résultats de Burberry au T1 2025

Quel est le chiffre d’affaires de Burberry au T1 2025 ?

Burberry a publié 433 millions de livres sterling de revenus retail pour les treize semaines achevées le 28 juin 2025, soit environ 510 millions d’euros à titre indicatif.

De combien les ventes de Burberry ont-elles baissé ?

Les revenus retail ont diminué de 6 % en données publiées et de 2 % à taux de change constants. Les ventes comparables ont reculé de 1 %.

Pourquoi parle-t-on d’une amélioration malgré la baisse ?

Un an auparavant, les ventes comparables avaient chuté de 21 %. Leur recul limité à 1 % en 2025 montre donc une nette stabilisation de la demande.

Qu’est-ce que la stratégie Burberry Forward ?

Burberry Forward est le plan lancé en novembre 2024 pour restaurer la désirabilité de la marque, renforcer ses catégories historiques, améliorer l’expérience commerciale et réduire les coûts.

Le redressement de Burberry s’est-il confirmé en 2026 ?

Oui. Pour l’exercice achevé en mars 2026, les ventes comparables ont progressé de 2 % et le résultat opérationnel ajusté a atteint 160 millions de livres. Au trimestre clos en juin 2026, les revenus retail ont augmenté de 5 %.

Sources primaires de l’article

  1. Burberry Group – First Quarter Trading Update, 18 juillet 2025
  2. Burberry Group – First Quarter Trading Update, 15 juillet 2024
  3. Burberry Group – Résultats annuels de l’exercice clos le 28 mars 2026
  4. Burberry Group – First Quarter Trading Update, 17 juillet 2026

Trois sources officielles françaises

  1. Banque de France – Parités moyennes mensuelles de juin 2025
  2. Insee – Indice des prix à la consommation de juin 2025
  3. Direction générale du Trésor – Indicateurs économiques et conjoncture en Chine