De Beers renforce la traçabilité de ses diamants naturels grâce à la blockchain
Joaillerie

De Beers renforce la traçabilité de ses diamants naturels grâce à la blockchain

Pourquoi l’origine d’un diamant est-elle devenue si importante ?

De Beers Group accélère le déploiement de Tracr, sa plateforme de traçabilité fondée sur la blockchain, afin de documenter l’origine et le parcours des diamants naturels. Depuis 2025, les pierres De Beers répondant aux critères d’éligibilité peuvent être associées à un pays d’extraction précis. En mai 2026, l’entrée du Gemological Institute of America au capital de Tracr a donné une nouvelle dimension à cette infrastructure appelée à dépasser le seul périmètre du groupe minier.

Dans la joaillerie contemporaine, la beauté d’une pierre ne suffit plus toujours. Sa provenance, les conditions de son extraction, son authenticité et les différentes étapes de sa transformation deviennent des éléments constitutifs de sa valeur.

Pour De Beers, cette évolution représente à la fois une exigence de transparence, un enjeu réglementaire et une manière de différencier le diamant naturel face au développement des diamants produits en laboratoire.

Le diamant est un produit particulièrement complexe à tracer. Une pierre peut être extraite dans un pays, triée dans un autre, taillée et polie dans plusieurs ateliers, certifiée par un laboratoire, puis montée sur un bijou commercialisé à des milliers de kilomètres de son lieu d’origine.

Cette fragmentation historique de la chaîne de valeur rend difficile la transmission continue des informations entre la mine, le négociant, le tailleur, le laboratoire gemmologique, la Maison de joaillerie et le client final.

Or, les acheteurs souhaitent de plus en plus comprendre ce qu’ils acquièrent. Ils ne s’interrogent plus seulement sur les célèbres 4C du diamant — carat, couleur, pureté et qualité de taille mais également sur des questions plus larges :

  • Dans quel pays le diamant a-t-il été extrait ?
  • S’agit-il avec certitude d’un diamant naturel ?
  • Comment la pierre a-t-elle circulé entre la mine et la boutique ?
  • Quelles vérifications accompagnent les déclarations de provenance ?
  • La pierre respecte-t-elle les règles internationales applicables au commerce des diamants ?

Dans ses propres études consommateurs, De Beers observe notamment que les jeunes générations effectuent davantage de recherches avant un achat et attendent des produits capables d’exprimer leur individualité. Le groupe présente ainsi la provenance vérifiable comme l’un des futurs piliers de la désirabilité du diamant naturel.

Cette recherche de preuves dépasse la joaillerie. Elle s’inscrit dans une transformation plus générale du secteur, déjà visible dans les réflexions sur le luxe durable et les nouvelles matières ou dans les programmes environnementaux déployés par les grands groupes.

Tracr, la plateforme blockchain développée par De Beers

De Beers développe Tracr depuis 2018. Son objectif est de créer un enregistrement numérique sécurisé du parcours d’un diamant naturel, en commençant dès son extraction.

La plateforme a d’abord été conçue pour les diamants issus des opérations de De Beers. Elle a ensuite été ouverte à d’autres participants de l’industrie en juin 2023 afin de devenir une infrastructure de traçabilité utilisable par des producteurs, fabricants, négociants, laboratoires et détaillants extérieurs au groupe.

Au 29 mai 2026, De Beers déclarait que plus de cinq millions de diamants bruts avaient été enregistrés sur Tracr à leur source. Ces pierres représentaient environ les deux tiers de la production de diamants bruts de De Beers en valeur.

Comment fonctionne Tracr ?

Le principe consiste à attribuer à chaque pierre enregistrée une identité numérique unique.

Cette identité peut réunir différents éléments :

  • le poids en carats ;
  • les caractéristiques physiques de la pierre ;
  • des images et données issues de scanners ;
  • certaines informations de couleur, de pureté ou de taille ;
  • le pays ou l’exploitation d’origine lorsque cette information est disponible ;
  • les étapes déclarées de transformation et de transfert ;
  • les correspondances entre le diamant brut et le diamant poli.

À chaque étape de la chaîne, les acteurs autorisés complètent ou vérifient les informations associées à la pierre. La blockchain permet ensuite de conserver un historique difficile à modifier rétroactivement sans que cette intervention soit détectable.

Tracr associe cette architecture à d’autres technologies, notamment des scanners, des systèmes d’identification physique et des algorithmes de rapprochement. L’objectif est de reconnaître une pierre malgré les transformations qu’elle subit lors de la taille et du polissage.

De la mine au diamant poli : les grandes étapes de la traçabilité

1. L’enregistrement à la source

La traçabilité commence idéalement au moment où le diamant brut entre dans la chaîne de production contrôlée.

La pierre est analysée et associée à une identité numérique. Cette première étape est essentielle : une blockchain peut sécuriser un historique, mais elle ne peut pas reconstituer avec certitude une origine qui n’aurait pas été documentée dès le départ.

2. La création d’une empreinte numérique

Les attributs physiques de la pierre, ses mesures et ses images constituent une sorte de passeport numérique.

Cette empreinte doit être suffisamment précise pour permettre de suivre la pierre lors de ses changements de propriétaire et de ses transformations successives.

3. Le suivi de la taille et du polissage

La difficulté majeure apparaît lorsque le diamant brut est découpé. Une seule pierre peut produire plusieurs diamants polis et perdre une partie importante de son poids.

Tracr utilise donc des données techniques et des systèmes de correspondance afin de relier la production polie à la pierre brute initialement enregistrée. De Beers collabore notamment avec Sarine Technologies pour renforcer cette vérification physique du parcours entre le brut et le poli.

4. La certification gemmologique

Les informations de provenance peuvent ensuite être reliées aux données d’un laboratoire gemmologique.

Le GIA avait commencé dès 2023 à intégrer les données de provenance disponibles sur Tracr à certains rapports d’évaluation éligibles. Son investissement annoncé en mai 2026 vise à approfondir ce rapprochement entre traçabilité à la source et expertise gemmologique indépendante.

5. L’accès aux informations par le détaillant et le client

La dernière étape consiste à rendre les informations compréhensibles en boutique ou en ligne.

Le défi n’est donc pas uniquement technologique. Il est aussi éditorial : quelques données techniques ne suffisent pas à raconter clairement le voyage d’un diamant. Les Maisons doivent transformer ces informations en une expérience accessible, sans simplifier excessivement la réalité de la chaîne d’approvisionnement.

Depuis 2025, De Beers précise le pays d’origine de certaines pierres

Avant 2025, Tracr pouvait confirmer qu’un diamant provenait des opérations de De Beers au Botswana, au Canada, en Namibie ou en Afrique du Sud, sans nécessairement identifier le pays exact pour chaque pierre.

Cette limite était liée au système historique d’agrégation du groupe, dans lequel des diamants présentant des caractéristiques comparables pouvaient être réunis indépendamment de leur pays d’extraction.

Le 21 octobre 2024, De Beers a annoncé qu’à partir du début de l’année 2025, Tracr indiquerait un pays d’origine unique pour les nouveaux diamants bruts De Beers de plus d’un carat enregistrés sur la plateforme. Ce seuil correspond approximativement à un diamant poli d’au moins 0,5 carat.

Pour parvenir à cette « désagrégation numérique », le groupe s’appuie sur des scanners installés dans les pays producteurs et sur des algorithmes capables de relier les pierres aux lots et aux données enregistrés à leur source.

Depuis janvier 2025, les nouveaux diamants bruts De Beers d’au moins un carat répondant aux critères de la plateforme peuvent ainsi être associés à un pays précis.

Cette avancée est importante pour les Maisons qui souhaitent raconter l’origine géographique de leurs pierres, mais également pour les professionnels confrontés à des règles d’importation plus strictes.

Le rôle décisif du GIA depuis mai 2026

Le 29 mai 2026, le Gemological Institute of America a conclu un accord portant sur l’acquisition de 30 % du capital de Tracr.

Cette opération ne constitue pas seulement un investissement financier. Elle accompagne l’évolution de Tracr vers une plateforme plus indépendante de De Beers et appelée à servir l’ensemble de la filière des diamants naturels.

L’association présente une complémentarité stratégique :

  • De Beers apporte son expérience minière et l’enregistrement des pierres à leur source ;
  • Tracr fournit l’infrastructure numérique et la chaîne de traçabilité ;
  • le GIA apporte sa compétence en matière d’identification, de classification et de certification gemmologique.

L’enjeu est de rapprocher deux niveaux de confiance qui ont longtemps évolué séparément : la qualité gemmologique du diamant et son origine documentée.

Cette ouverture à un organisme reconnu dans toute l’industrie pourrait également rassurer les entreprises qui hésiteraient à utiliser une plateforme historiquement développée par l’un des principaux producteurs mondiaux.

ORIGIN De Beers Group : transformer la provenance en expérience client

De Beers ne réserve pas Tracr aux seuls professionnels. Le groupe développe parallèlement ORIGIN De Beers Group, une offre de diamants polis destinée à rendre la provenance plus visible auprès du consommateur.

Présenté en 2025 puis déployé chez plusieurs détaillants nord-américains, le programme associe les pierres à des informations portant notamment sur :

  • leur pays d’origine ;
  • leur parcours depuis le diamant brut ;
  • leur rareté ;
  • les programmes économiques, sociaux ou environnementaux associés aux régions productrices ;
  • leurs données enregistrées dans Tracr.

Les diamants ORIGIN concernés sont accompagnés d’outils numériques permettant au détaillant de raconter leur histoire au moment de la vente. Le programme s’applique aux pierres éligibles de plus de 0,3 carat selon les conditions indiquées par De Beers.

Cette logique narrative prolonge la manière dont la Maison valorise déjà ses diamants dans ses collections. La collection Aura de De Beers, par exemple, met en scène la couleur, la lumière et la singularité des pierres. La traçabilité ajoute désormais une dimension supplémentaire : celle du territoire et du parcours.

Blockchain et diamant éthique : ce que la technologie garantit réellement

Le terme diamant éthique est souvent utilisé de manière très large. Il convient pourtant de distinguer plusieurs notions.

Ce que la blockchain peut apporter

Lorsqu’elle est correctement alimentée, une plateforme comme Tracr peut :

  • conserver un historique sécurisé des opérations enregistrées ;
  • limiter les modifications invisibles des données ;
  • relier plusieurs intervenants autour d’un même dossier numérique ;
  • documenter le pays d’origine de certaines pierres ;
  • faciliter les contrôles et les audits ;
  • améliorer la continuité des informations entre la mine et le détaillant.

Ce qu’elle ne garantit pas à elle seule

Une blockchain ne peut pas vérifier automatiquement la véracité de toute information saisie.

La qualité du système dépend donc :

  • de la fiabilité de l’enregistrement initial ;
  • de la précision des scanners ;
  • de la continuité de la chaîne de contrôle ;
  • de l’identification des différents intervenants ;
  • des audits réalisés ;
  • de la capacité à rapprocher physiquement le diamant brut et le diamant poli.

Autrement dit, l’immutabilité d’une donnée n’est pas synonyme de vérité absolue. Elle garantit surtout qu’une information enregistrée ne peut pas être modifiée discrètement.

C’est précisément pour réduire cette limite que Tracr associe la blockchain à des systèmes de reconnaissance physique, à l’intelligence artificielle et à l’expertise de laboratoires gemmologiques.

Tracr remplace-t-il le Processus de Kimberley ?

Non. Les deux dispositifs n’ont ni le même périmètre ni exactement le même objectif.

Le Processus de Kimberley, appliqué depuis 2003, encadre le commerce international des diamants bruts à travers un système de certificats. Il vise principalement à empêcher que les revenus tirés des diamants bruts financent des conflits armés.

Tracr intervient à une échelle plus individuelle. La plateforme cherche à suivre une pierre donnée et à conserver les informations relatives à son parcours dans la chaîne de valeur.

Les deux dispositifs peuvent donc être complémentaires :

  • Kimberley agit principalement au niveau des expéditions de diamants bruts ;
  • Tracr vise une traçabilité numérique plus fine, potentiellement jusqu’au diamant poli ;
  • les contrôles douaniers et réglementaires restent distincts des outils commerciaux développés par les entreprises.

Il serait donc excessif d’affirmer que l’inscription d’un diamant sur une blockchain suffit, à elle seule, à garantir l’ensemble de ses performances sociales, environnementales et éthiques.

Une traçabilité devenue également réglementaire

La transparence ne répond plus uniquement à une attente marketing.

Depuis 2024, les restrictions adoptées par le G7 et l’Union européenne concernant les diamants russes ont renforcé les obligations de preuve relatives à l’origine de certaines pierres. Les diamants bruts naturels concernés doivent être accompagnés de documents permettant d’établir leur provenance et leur conformité aux restrictions d’importation.

La douane française précise notamment que les diamants bruts d’au moins 0,5 carat destinés au marché européen doivent passer par Anvers pour un examen initial et une certification, avec un certificat du Processus de Kimberley indiquant le ou les pays d’extraction. Pour les diamants relevant de certaines catégories douanières, le dispositif de certificat G7 a été étendu au 1er janvier 2026.

La capacité de Tracr à indiquer un pays d’origine et à documenter la transformation du brut au poli répond ainsi à une évolution profonde des règles du commerce international.

Transparence, développement durable et stratégie Building Forever

Chez De Beers, la provenance constitue l’un des fondements de la stratégie Building Forever, désormais organisée autour de trois grands axes : les moyens de subsistance, le climat et la nature.

Dans son bilan publié en août 2025, le groupe indiquait notamment :

  • une réduction de 7 % de ses émissions directes et liées à l’énergie entre 2021 et 2024 ;
  • des objectifs de réduction des émissions validés par la Science Based Targets initiative ;
  • 375 000 acres de terres gérées à des fins de conservation en 2024 ;
  • une contribution fiscale et économique de 2,9 milliards de dollars dans ses pays d’activité en 2024 ;
  • le développement de projets d’électricité renouvelable en Afrique australe.

Ces données restent celles publiées par l’entreprise. Elles doivent être examinées à travers les méthodologies, périmètres et rapports qui les accompagnent.

La traçabilité joue néanmoins un rôle déterminant : elle permet théoriquement de relier une pierre à un territoire, puis de documenter les retombées économiques ou les programmes associés à ce territoire.

Cette évolution rejoint une question déjà centrale dans le luxe : comment transformer une politique de responsabilité en preuves compréhensibles, plutôt qu’en promesses générales ? Le même enjeu traverse les initiatives présentées lors des LIFE 360 Awards de LVMH.

Quel bénéfice pour le consommateur de joaillerie ?

Pour l’acheteur, une traçabilité complète peut enrichir la lecture d’un certificat gemmologique classique.

Un rapport de laboratoire renseigne principalement les caractéristiques physiques du diamant. Un passeport de provenance ajoute une autre dimension : l’histoire de la pierre.

Avant un achat important, le client peut demander au joaillier :

  1. si le diamant est naturel ou synthétique ;
  2. quel laboratoire a établi son rapport gemmologique ;
  3. si son pays d’origine est connu ;
  4. à quel moment la pierre a été enregistrée ;
  5. si son parcours brut-poli a fait l’objet d’une vérification ;
  6. quelles informations seront accessibles après l’achat ;
  7. si la traçabilité concerne la pierre elle-même ou seulement le lot dont elle provient.

En France, les professionnels doivent par ailleurs fournir une information loyale sur la nature des pierres et sur les traitements qu’elles ont subis. La réglementation distingue notamment les pierres naturelles, les pierres synthétiques, les imitations et les pierres traitées.

La DGCCRF rappelle que les bijoux ornés de pierres gemmes doivent être accompagnés d’une description adaptée. Lors d’une enquête consacrée au secteur, elle avait relevé des anomalies dans 28 % des établissements contrôlés, notamment concernant les dénominations et l’information sur les traitements.

Le diamant traçable redéfinit-il le luxe ?

La traçabilité modifie progressivement la notion même de rareté.

Pendant longtemps, la valeur d’un diamant reposait surtout sur sa beauté, ses caractéristiques gemmologiques, son poids, sa couleur, sa pureté et la signature de la Maison qui l’avait sélectionné.

Désormais, une autre forme de rareté apparaît : la capacité à documenter précisément l’histoire d’une pierre.

Deux diamants comparables selon les 4C peuvent ne pas proposer le même degré d’information. L’un pourra être simplement accompagné d’un rapport gemmologique ; l’autre disposera d’une origine par pays, d’un suivi numérique et d’un récit détaillé de sa transformation.

Cette dimension devrait devenir particulièrement importante dans la haute joaillerie, où la provenance participe déjà à la valeur culturelle des pierres. Elle complète également le retour de la couleur et de l’individualité observé dans la joaillerie fine contemporaine.

Les limites et défis qui attendent encore Tracr

Malgré les progrès accomplis, la généralisation de la traçabilité reste confrontée à plusieurs obstacles.

Une couverture encore partielle du marché

Tous les diamants naturels vendus dans le monde ne sont pas enregistrés sur Tracr. Le système dépend de l’adhésion des producteurs, fabricants, laboratoires et détaillants.

Des seuils d’éligibilité

L’accès à une origine par pays ou à certaines informations dépend notamment du poids de la pierre, de sa date d’enregistrement et du programme auquel elle appartient.

La transformation des pierres

Relier un diamant poli à un brut précis demeure techniquement complexe, notamment lorsque plusieurs pierres sont issues d’un même diamant brut.

La gouvernance de la plateforme

L’entrée du GIA au capital de Tracr est une étape vers une structure plus indépendante, mais la gouvernance future, l’ouverture à d’autres producteurs et les règles d’accès aux données seront déterminantes pour sa crédibilité.

La lisibilité pour le client

Une accumulation de données techniques ne crée pas automatiquement de la confiance. Le consommateur doit pouvoir comprendre ce qui a été vérifié, par qui, selon quelle méthodologie et avec quelles limites.

Vers un passeport numérique pour chaque diamant naturel ?

L’ambition à long terme dépasse la seule conservation d’un registre.

Le futur passeport numérique d’un diamant pourrait réunir :

  • son origine géographique ;
  • ses caractéristiques gemmologiques ;
  • son rapport de laboratoire ;
  • son parcours de transformation ;
  • les informations relatives à sa monture ;
  • les réparations et transformations du bijou ;
  • ses changements de propriétaire ;
  • les certificats nécessaires à sa revente ;
  • son historique d’assurance.

Une telle continuité serait particulièrement utile sur le marché secondaire. Elle pourrait faciliter l’expertise, la transmission, la réparation et la revente des bijoux, tout en réduisant le risque de substitution de pierres ou de falsification documentaire.

Pour De Beers, le défi consiste désormais à faire de Tracr une infrastructure suffisamment ouverte pour être adoptée bien au-delà de ses propres diamants.

Ce qu’il faut retenir

En quelques années, De Beers est passé d’une déclaration générale de provenance à un système capable d’associer certaines pierres à un pays d’origine précis.

Le lancement de Tracr en 2018, son ouverture à l’industrie en 2023, le déploiement de l’origine par pays en 2025 et l’entrée du GIA à son capital en 2026 dessinent une trajectoire cohérente : celle d’une traçabilité destinée à devenir un standard collectif.

La blockchain ne résout cependant pas seule toutes les questions liées à l’éthique, à l’environnement ou aux conditions d’extraction. Sa valeur dépend de la qualité des données, des vérifications physiques, des audits et de la transparence des acteurs qui l’utilisent.

Le véritable changement se situe peut-être ailleurs. Dans le luxe contemporain, une Maison ne peut plus seulement affirmer qu’une pierre est exceptionnelle. Elle doit progressivement être capable de prouver d’où elle vient, comment elle a circulé et ce que son histoire signifie.

FAQ sur la traçabilité des diamants De Beers

Qu’est-ce que Tracr ?

Tracr est une plateforme numérique de traçabilité développée par De Beers. Elle utilise notamment la blockchain, des scanners et des systèmes d’identification afin d’enregistrer le parcours de diamants naturels depuis leur source.

Tous les diamants De Beers sont-ils traçables jusqu’à leur pays d’origine ?

Non. L’information dépend du poids de la pierre, de sa date d’enregistrement et de son éligibilité. Depuis janvier 2025, De Beers enregistre notamment ses nouveaux diamants bruts d’au moins un carat avec une origine par pays.

Quel est l’équivalent d’un diamant brut d’un carat après la taille ?

De Beers estime qu’un diamant brut d’un carat correspond approximativement à une pierre polie de 0,5 carat ou davantage. Le rendement réel varie toutefois selon la forme et les caractéristiques du brut.

La blockchain garantit-elle qu’un diamant est éthique ?

Non. Elle sécurise les informations enregistrées, mais ne remplace ni les audits, ni les contrôles douaniers, ni les vérifications sociales et environnementales. La fiabilité dépend de la qualité des données saisies et de la continuité de la chaîne de contrôle.

Tracr remplace-t-il un certificat du GIA ?

Non. Un rapport du GIA évalue principalement les caractéristiques gemmologiques du diamant. Tracr documente sa provenance et son parcours. Les deux dispositifs sont complémentaires.

Quelle est la différence entre Tracr et le Processus de Kimberley ?

Le Processus de Kimberley encadre les échanges internationaux de diamants bruts afin de lutter contre les diamants finançant des conflits. Tracr vise à suivre individuellement certaines pierres à travers la chaîne de valeur.

Sources officielles de De Beers et de la filière

Trois sources officielles françaises

  1. DGCCRF – Étiquetage des bijoux
  2. DGCCRF – Qualité et conformité des bijoux comportant des pierres gemmes ou des perles
  3. Légifrance – Décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002 relatif au commerce des pierres gemmes et des perles