Pour la sortie d’Anna Karénine de Joe Wright, Chanel Joaillerie prête son éclat aux costumes majestueux signés Jacqueline Durran.
Sur Keira Knightley, l’ornement n’est pas un simple accessoire : c’est un levier narratif qui sculpte le personnage, souligne ses paradoxes et ancre l’intrigue dans une Russie impériale fantasmatique où l’opulence dit la passion et la chute.
Des chefs-d’œuvre au service d’un rôle
Deux colliers emblématiques dominent la silhouette :
-
Mademoiselle : un chapelet fastueux de 658 perles de culture Akoya dont la cadence nacrée accompagne les mouvements de danse et encadre le port de tête avec une douceur souveraine.
-
Camélia Poudré : architecture spectaculaire sertie de deux diamants ronds de 6,8 carats et de 693 diamants (pour un total annoncé de 89 carats). Pièce-statement par excellence, son poids et sa présence ont laissé… quelques bleus à l’actrice, tant la monumentalité est réelle derrière la grâce.
Le langage de la lumière
Aux oreilles, la lumière se décline en deux registres :
-
Cascade (or blanc 18 ct) : deux diamants poire de 0,7 ct chacun et 38 brillants (env. 4 ct au total) pour une verticalité fluide qui allonge le visage.
-
Fleurs de Perle (or jaune 18 ct) : six diamants ronds (env. 3 ct), 294 brillants (env. 2,2 ct) et deux perles de culture des Mers du Sud — une variation florale où la nacre répond au feu des pierres.
Ces pièces orchestrent un dialogue constant entre diamants et perles : la brillance taille la silhouette, la nacre adoucit le récit. Dans le cadre du film, elles rythment l’image autant qu’elles signent l’époque.
Costumes et bijoux : une dramaturgie partagée
La direction artistique de Jacqueline Durran met en scène des volumes XIXᵉ revisités ; Chanel en accentue le relief. Les perles tempèrent l’excès, les diamants tracent la tension dramatique. Les colliers structurent le buste, les pendentifs animent le décolleté, les boucles captent la caméra lors des plans serrés : chaque pièce devient un outil de mise en scène.
Keira Knightley, entre vanité et noirceur
Keira Knightley l’explique : porter ces trésors l’a aidée à entrer dans la peau d’une Anna « vaniteuse », nourrie par l’ostentation. Mais au-delà du clinquant, l’actrice pointe « quelque chose de profondément et étonnamment noir lié aux diamants », une ambivalence qui habite le personnage : éclat social d’un côté, abîme intime de l’autre.
Pourquoi c’est magistral ?
-
Crédibilité historique sans muséification : l’opulence sert l’émotion, pas l’inventaire.
-
Puissance symbolique : perles = pureté ambiguë, diamants = désir et dureté.
-
Cohérence d’ensemble : costumes, joaillerie, chorégraphie et lumière composent un seul langage visuel.
Au final, Chanel Joaillerie ne se contente pas d’orner Anna : elle raconte Anna. Et dans ce film où chaque regard compte, le scintillement devient un sous-texte — la beauté qui attire, la brillance qui aveugle, la vérité qui se fissure.
Anna Karenine avec Keira Knightley et réalisé par Joe Wright, sortie au cinéma le mercredi 5 décembre.


