Bloomingdale’s x Yinka Ilori : qu’est-ce que Just Imagine ?

Bloomingdale’s x Yinka Ilori ne ressemble pas à une collaboration mode classique. À l’automne 2025, le grand magasin new-yorkais a confié une partie de son flagship de la 59e Rue à Manhattan à l’artiste et designer britanno-nigérian afin de transformer le shopping en expérience culturelle. La campagne porte un nom : Just Imagine.
Dévoilée officiellement le 4 septembre 2025, elle mêle art contemporain, mode, design, artisanat, beauté, gaming et retail expérientiel. La façade historique de Bloomingdale’s, les vitrines de Lexington Avenue et son espace événementiel The Carousel ont été réinterprétés par Yinka Ilori autour d’un jardin imaginaire de fleurs sauvages.
Au centre du dispositif se trouve Cherish Your Magic, une installation immersive dans laquelle les motifs colorés d’Ilori rencontrent des vêtements exclusifs, du mobilier Kartell, du cristal Baccarat, des bijoux Bea Bongiasca, des objets créatifs et même une collaboration avec PlayStation. Bloomingdale’s ne cherche donc plus uniquement à remplir ses étages de produits.
Le magasin veut devenir une destination culturelle.
Just Imagine est la grande campagne artistique lancée par Bloomingdale’s pour l’automne 2025.
Son principe dépasse largement celui d’une collaboration capsule.
Bloomingdale’s explique vouloir transformer son magasin historique en un lieu où mode, art et narration immersive se rencontrent. Le retailer parle même de son flagship comme d’un espace se rapprochant d’un musée dynamique.
Cette formulation dit beaucoup de l’évolution actuelle du commerce premium.
Le magasin physique doit désormais offrir quelque chose que l’e-commerce ne peut pas totalement reproduire : une expérience spatiale, émotionnelle et sociale.
Une robe peut être commandée depuis un téléphone.
Une installation monumentale, une œuvre que l’on traverse, un atelier d’aquarelle ou une interaction avec un artiste nécessitent encore un lieu.
Bloomingdale’s utilise précisément cette différence.
Cette évolution prolonge une transformation déjà analysée sur Luxe Daily : le retail premium ne fonctionne plus uniquement comme canal transactionnel, mais comme média de marque et générateur de souvenirs. Réenchanter l’expérience retail grâce aux conseillers de vente
Cherish Your Magic : Yinka Ilori transforme Bloomingdale’s en jardin fantastique

L’intervention principale de Yinka Ilori s’intitule Cherish Your Magic. L’artiste transforme l’espace The Carousel en jardin imaginaire où les fleurs, les formes organiques, les mains sculpturales et les couleurs saturées occupent les murs et les volumes.
La métaphore centrale est celle de la fleur sauvage. Pour Ilori, celle-ci pousse parfois dans des lieux inattendus, s’adapte à son environnement et trouve malgré tout un moyen de fleurir. Il rapproche cette résilience de l’énergie créative de New York et de ses habitants.
La scénographie ne reste pas enfermée à l’intérieur. La façade de Bloomingdale’s et ses célèbres vitrines de Lexington Avenue sont elles aussi investies par les motifs floraux de l’artiste.
L’effet recherché est évident : avant même d’entrer dans le magasin, le passant se trouve déjà dans l’univers de la campagne.
Le visual merchandising devient architecture temporaire.
Qui est Yinka Ilori ?
Yinka Ilori est un artiste et designer multidisciplinaire britanno-nigérian, installé à Londres. Son langage visuel puise dans sa double culture, dans les récits et proverbes nigérians ainsi que dans ses souvenirs personnels. Ses créations utilisent régulièrement des couleurs très franches, des motifs géométriques, le mobilier, l’architecture et l’espace public pour raconter des histoires.
Mais réduire son travail à la couleur serait passer à côté de l’essentiel. Ilori considère que l’art et le design doivent être accessibles à tous. Son studio insiste sur la capacité des espaces créatifs à favoriser la rencontre, la participation et le sentiment de communauté.
Cette philosophie explique la cohérence de l’association avec Bloomingdale’s.
Un grand magasin accueille par définition plusieurs populations, plusieurs générations et plusieurs niveaux de relation à la mode.
Il constitue presque une ville intérieure.
Pour Ilori, il devient donc un terrain naturel d’intervention.
Bloomingdale’s n’a pas seulement invité un artiste : il lui a donné le magasin
C’est l’une des différences importantes avec de nombreuses collaborations artistiques. L’artiste ne signe pas seulement une série de produits. Son langage visuel déborde sur le bâtiment.
Bloomingdale’s lui confie sa façade, ses vitrines et son Carousel, tandis que plusieurs espaces intérieurs prolongent la campagne à travers des installations, des ateliers et des collaborations de marques.
Ilori devient donc une sorte de directeur artistique temporaire de l’expérience retail. Ce modèle intéresse particulièrement le luxe.
À mesure que les grandes enseignes cherchent à se différencier d’un commerce digital très performant, le magasin retrouve une fonction culturelle. On observe la même logique dans des projets beaucoup plus haut de gamme. Le nouveau flagship Hermès de New Bond Street travaille ainsi la boutique comme une Maison, mêlant produit, matières, architecture et expérience. Hermès Londres : le flagship de New Bond Street redéfinit le retail ultra-premium
L’échelle diffère. La logique se rapproche.
Un jardin de fleurs sauvages inspiré de New York
La scénographie possède également une relation directe avec la ville. Ilori explique avoir choisi la fleur sauvage pour sa capacité à apparaître spontanément, à s’adapter et à prospérer dans des lieux qui n’étaient pas nécessairement destinés à l’accueillir.
Bloomingdale’s rapproche cette idée des habitants de New York. La métaphore fonctionne particulièrement bien dans une ville qui valorise l’individualité, le mouvement et le mélange. Le jardin de Cherish Your Magic n’est donc pas seulement décoratif.
Il permet d’exprimer plusieurs notions essentielles dans le travail d’Ilori : résilience, individualité, créativité, optimisme et communauté. Dans le langage du retail, ces valeurs deviennent des outils narratifs. La couleur attire. La forme crée la surprise. Mais c’est l’histoire qui permet de retenir l’expérience.
La collection Yinka Ilori x Bloomingdale’s est beaucoup plus large que de simples vêtements
Le texte initial évoquait une capsule mode et maison. Bloomingdale’s propose notamment des pulls en cachemire Cherish Your Magic, des sweats, T-shirts et pantalons, mais aussi un tote bag, du matériel artistique, des objets de ping-pong et différents accessoires. L’univers maison occupe également une place importante.
On retrouve notamment une collaboration avec Kartell autour du mobilier et une édition du vase Ginkgo de Baccarat, vendue initialement 1 250 dollars chez Bloomingdale’s. Le retail joue ici un rôle de curateur.
Bloomingdale’s ne vend pas seulement « du Yinka Ilori ». Le magasin organise un réseau de collaborations entre l’artiste et différentes maisons possédant chacune leurs propres savoir-faire.
Baccarat, Kartell, Bea Bongiasca : le design devient produit culturel
Cette mécanique est particulièrement intéressante pour le secteur du luxe. Avec Baccarat, Ilori applique son vocabulaire chromatique et graphique à un objet lié au cristal et aux arts de la table.
Avec Kartell, son imaginaire rencontre le mobilier design. Avec la créatrice italienne Bea Bongiasca, il investit la joaillerie.
La campagne crée ainsi des ponts entre plusieurs métiers. L’objet n’est plus uniquement choisi pour sa fonction. Il devient le support d’un récit collectif associant artiste, marque et distributeur.
Cette logique rejoint la manière dont le luxe contemporain rapproche de plus en plus art, artisanat et désir. Objet de luxe : une symbiose entre art, artisanat et désir
La différence tient ici à l’échelle : Bloomingdale’s rassemble ces mondes sous le même toit.
La beauté entre elle aussi dans l’univers de Yinka Ilori
Le projet touche également la beauté. Bloomingdale’s annonce notamment une édition d’Augustinus Bader The Rich Cream, un travel kit BYREDO et des bougies réalisées avec Joya Studio dans l’univers graphique de l’artiste.
Cette extension est significative.
Une collaboration artistique de retail contemporain ne se construit plus nécessairement par catégorie.
Elle fonctionne par univers émotionnel.
Le client peut retrouver la même histoire sur un pull, une chaise, un vase, un produit de soin ou une bougie.
La cohérence ne vient donc plus du type d’objet.
Elle vient de la direction artistique.
C’est une mécanique familière aux grandes maisons de luxe qui développent progressivement des « brand worlds » capables d’englober la mode, la beauté, la décoration, la gastronomie et la culture.
PlayStation x Yinka Ilori : le gaming entre dans le grand magasin
L’un des aspects les plus surprenants de Just Imagine est la présence de PlayStation. La collaboration PlayStation x Yinka Ilori est officiellement intégrée au Carousel avec un message : Play Brings Out The Joy.
Elle comprend des vêtements, accessoires et produits dérivés réinterprétés à partir de l’univers graphique de l’artiste. Des consoles PlayStation 5, manettes DualSense et équipements audio figurent également dans le dispositif. Ce rapprochement est stratégique.
Le jeu vidéo permet à Bloomingdale’s de parler à une audience culturelle plus large que celle du prêt-à-porter traditionnel. Il renforce aussi l’idée de jeu déjà omniprésente chez Ilori.
Le visiteur n’est plus seulement spectateur d’un décor.
Il est invité à jouer, créer et manipuler.
Le gaming devient ainsi l’une des composantes du retail culturel.
Pourquoi le jeu est si important dans la stratégie de Yinka Ilori ?
Chez Ilori, le jeu n’est pas un simple outil destiné aux enfants.
Il fonctionne comme une méthode de création.
Son propre label explique développer des objets, de la papeterie, des jeux et des produits pour la maison autour des idées de mémoire, de rencontre et de playfulness.
Cette philosophie se retrouve directement dans Cherish Your Magic.
La collection comprend notamment du matériel de ping-pong, tandis que le Carousel rassemble objets créatifs et jeux.
L’expérience de magasin cesse alors d’être entièrement codifiée autour de l’achat.
On peut entrer, regarder, jouer, dessiner, découvrir un artiste puis éventuellement acheter.
Le parcours commercial devient moins frontal.
Et paradoxalement, cette diminution de la pression transactionnelle peut renforcer l’attachement au lieu.
Happy Medium Art Café : commander une activité créative comme un café
Bloomingdale’s pousse cette idée encore plus loin avec le Happy Medium Art Café.
Installé au flagship, le concept est présenté comme le premier art café de ce type à New York.
Le principe est volontairement simple : les visiteurs peuvent « commander » une expérience artistique comme on commanderait un plat.
Parmi les activités annoncées figurent la peinture sur céramique, l’aquarelle, la sculpture en argile autodurcissante ou encore la fabrication de bracelets d’amitié.
Nous sommes très loin d’un département store traditionnel.
Le visiteur n’est plus uniquement consommateur d’un produit terminé.
Il devient lui-même créateur pendant quelques minutes ou quelques heures.
C’est une évolution majeure du retail expérientiel.
Open Studios : quand le DIY devient un outil de fréquentation
La campagne comprend aussi différents Open Studios répartis dans le magasin.
Ces espaces permettent de fabriquer, personnaliser ou expérimenter autour de pratiques créatives.
Le DIY possède ici une fonction commerciale indirecte.
Il augmente le temps passé dans le magasin.
Il favorise les interactions.
Il peut inciter à revenir avec un proche ou un enfant.
Il transforme surtout le magasin en un endroit où l’on peut faire quelque chose, plutôt qu’en un espace dans lequel on ne ferait que sélectionner des marchandises.
Cette évolution renforce la concurrence entre retail, divertissement et culture.
Le temps du client devient lui-même la ressource à conquérir.
Une machine à estampes pour transformer l’art en souvenir accessible
Parmi les activations les plus intéressantes figurent également les mini-distributeurs d’œuvres d’Ana Inciardi.
Le principe : insérer quatre pièces de 25 cents pour obtenir une petite estampe en linogravure, dont certaines éditions exclusives à Bloomingdale’s.
Le montant est dérisoire comparé aux prix habituellement associés au grand magasin.
Et c’est précisément ce qui rend l’idée pertinente.
Bloomingdale’s propose un souvenir culturel accessible, collectionnable et suffisamment singulier pour devenir un objet de conversation.
L’art n’est plus seulement exposé au-dessus des produits.
Il entre dans le parcours commercial à différents niveaux de prix.
Le merchandising lui-même devient une exposition
Just Imagine multiplie également les installations réalisées avec des marques comme Stone Island, Paul Smith, STAUD, VEJA, Rag & Bone, Maje ou Cinq à Sept.
Chaque activation donne au merchandising une dimension narrative.
Paul Smith travaille par exemple autour du photographe Saul Leiter.
Stone Island met en avant son dialogue avec l’artiste Nick Atkins.
Maje présente des œuvres de Claire Salvo.
Rag & Bone installe son Design Studio et propose notamment de la personnalisation denim.
Le grand magasin fonctionne ainsi comme une succession de micro-expositions commerciales.
C’est une manière de lutter contre l’uniformité.
Dans un site e-commerce, toutes les marques sont contraintes par une architecture d’écran relativement similaire.
En magasin, chacune peut obtenir sa propre scénographie.
L’artisanat est bien présent, mais pas exactement comme dans le texte initial
Il faut ici apporter une nuance importante.
La campagne met en valeur la création, les gestes artistiques, la personnalisation et plusieurs objets relevant de savoir-faire premium.
Elle ne se présente cependant pas officiellement comme une grande manifestation consacrée aux métiers d’art traditionnels.
Parler d’artisanat peut être pertinent lorsqu’il est question de Baccarat, de mobilier, de création graphique, de customisation ou d’activités manuelles.
Mais le cœur de Just Imagine reste avant tout l’art, la créativité et l’expérience retail.
Cette précision évite de confondre artisanat, pratique artistique et animation commerciale.
En France, le ministère de la Culture définit d’ailleurs les métiers d’art comme des métiers manuels mobilisant des savoir-faire techniques spécifiques, et en recense officiellement 281.
Employer le terme avec précision renforce la crédibilité éditoriale.
Le retail culturel devient un nouvel outil de désirabilité
La stratégie de Bloomingdale’s rejoint une tendance beaucoup plus large.
La boutique ne veut plus simplement être l’endroit où un produit est disponible.
Elle veut devenir le lieu où la marque prend vie.
Art.
Architecture.
Gastronomie.
Design.
Rencontres.
Personnalisation.
Événements.
Tous ces éléments donnent au visiteur des raisons de se déplacer alors que l’achat lui-même pourrait être réalisé en ligne.
Cette transformation est particulièrement visible dans le luxe.
Prada prépare par exemple à Milan un dispositif réunissant mode, gastronomie, expositions et patrimoine de marque au sein d’un même ensemble. Prada Galleria à Milan : mode, culture et gastronomie
À New York, Bloomingdale’s applique une logique voisine à l’échelle du department store.
Le magasin physique devient une destination
Cette mutation apparaît clairement dans les propos de Frank Berman, alors Chief Marketing Officer de Bloomingdale’s.
L’objectif annoncé de Just Imagine est de faire percevoir Bloomingdale’s non seulement comme un magasin, mais comme une destination culturelle.
Le choix des mots est révélateur.
Une « destination » suppose que l’on s’y rende pour elle-même.
On ne vient plus uniquement parce qu’on a besoin d’un pantalon ou d’un parfum.
On vient parce qu’il y a quelque chose à voir.
Quelque chose à raconter.
Quelque chose qui n’existera peut-être plus deux mois plus tard.
L’événementiel recrée donc une forme de rareté temporelle.
Le modèle Carousel permet à Bloomingdale’s de changer régulièrement d’univers
Cherish Your Magic s’inscrit aussi dans un dispositif déjà bien installé chez Bloomingdale’s : The Carousel.
Cet espace accueille régulièrement des univers temporaires.
Avant Yinka Ilori, Bloomingdale’s y avait par exemple installé Flamingo Estate au début de l’année 2025. En janvier 2026, le retailer transformait de nouveau le Carousel autour de l’univers cinématographique de Wuthering Heights.
Le principe est particulièrement efficace.
Le bâtiment reste le même.
Mais une partie de son identité change régulièrement.
Le flagship acquiert ainsi une forme de programmation comparable à celle d’une institution culturelle.
Le consommateur peut revenir parce que l’exposition commerciale a changé.
Yinka Ilori avait déjà réfléchi au futur du retail
La collaboration avec Bloomingdale’s est d’autant plus cohérente que Yinka Ilori s’était déjà intéressé directement au commerce physique.
Lors de l’ouverture de son propre pop-up à Shoreditch, à Londres, il expliquait vouloir réfléchir à la manière dont les magasins peuvent aider les consommateurs à se connecter, expérimenter et découvrir.
Son approche du retail repose donc depuis plusieurs années sur une conviction :
la boutique peut devenir un espace narratif et social.
Chez Bloomingdale’s, cette réflexion change simplement d’échelle.
Le petit pop-up indépendant devient l’un des grands magasins les plus célèbres des États-Unis.
Un héritage britanno-nigérian qui ne disparaît pas derrière le marketing
L’un des risques d’une collaboration avec un retailer aussi puissant serait de lisser le travail de l’artiste.
Or les codes essentiels d’Ilori restent présents.
Son utilisation de la couleur, des motifs, des affirmations positives et du storytelling est directement liée à son héritage britannique et nigérian. Son studio explique notamment que son travail se nourrit des paraboles et traditions orales nigérianes.
Cette profondeur culturelle évite à Cherish Your Magic de devenir un simple décor « Instagrammable ».
La couleur est spectaculaire.
Mais elle possède une histoire.
Ilori explique d’ailleurs que sa relation à la couleur et aux fleurs vient notamment de son enfance et de l’influence de sa famille.
La joie devient alors un langage, pas simplement une palette.
Le luxe cherche lui aussi cette accessibilité culturelle
Le succès du travail d’Ilori repose sur une tension intéressante. Ses collaborations peuvent toucher des maisons et entreprises premium, tandis que son discours insiste sur l’idée que l’art doit rester accessible.
Cette position correspond à une évolution du luxe contemporain. Les maisons continuent à vendre des objets rares et coûteux.
Mais leurs expériences culturelles cherchent souvent à toucher un public beaucoup plus large : expositions, installations urbaines, cafés, librairies, performances ou contenus digitaux. La culture devient une porte d’entrée.
Le produit reste premium. L’expérience peut être partagée.
Cette mécanique permet à une marque ou un retailer de gagner une place dans l’imaginaire de personnes qui ne sont pas nécessairement clientes aujourd’hui.
Une campagne caritative pour l’éducation artistique ? Pas selon les sources officielles
Le texte initial indiquait qu’une partie de la campagne était reversée à des associations locales afin de soutenir l’éducation artistique. Cette affirmation mérite d’être retirée.
Les documents officiels de Bloomingdale’s consacrés à Just Imagine détaillent longuement les installations, les produits, les événements, les artistes et les collaborations.
Ils ne mentionnent pas de programme spécifique de reversement des recettes de la campagne à des organisations locales d’éducation artistique.
Cela ne signifie pas que Bloomingdale’s n’a aucune politique philanthropique.
La maison mère Macy’s Inc. rappelle que Bloomingdale’s participe à différentes initiatives sociales et environnementales dans le cadre de son programme b the change.
Mais ces engagements généraux ne doivent pas être artificiellement attribués à Yinka Ilori ou à Just Imagine.
Pour un contenu SEO post-June Update, cette distinction est particulièrement importante : mieux vaut une information moins spectaculaire mais vérifiable qu’une promesse généreuse impossible à sourcer.
Just Imagine a-t-elle eu un impact sur les ventes de Bloomingdale’s ?
Il est impossible de l’affirmer directement.
Aucun résultat public ne permet d’isoler l’effet économique de la campagne Yinka Ilori.
En revanche, l’année 2025 a été excellente pour Bloomingdale’s.
Macy’s Inc. a annoncé le 18 mars 2026 une hausse de 6,3 % des ventes nettes annuelles de Bloomingdale’s et de 7,4 % des ventes comparables.
Au quatrième trimestre, les ventes comparables de l’enseigne ont progressé de 9,9 %, et le groupe évoque sa meilleure performance de fêtes jamais enregistrée.
Il serait incorrect de transformer cette progression en preuve du succès commercial de Just Imagine.
Mais ces résultats montrent que la stratégie d’expérience, de curation et de montée en désirabilité de Bloomingdale’s intervient dans une période où l’enseigne gagne effectivement du terrain.
Bloomingdale’s réinvente-t-il le grand magasin ?
Le grand magasin possède un problème historique.
Il doit réunir des dizaines ou centaines de marques sans perdre sa propre personnalité.
Internet a encore accentué cette difficulté.
Pourquoi visiter physiquement un retailer lorsque chaque marque possède son site et que plusieurs marketplaces peuvent réunir les mêmes références ?
Just Imagine apporte une réponse.
Bloomingdale’s ne cherche pas uniquement à posséder le produit.
Il cherche à posséder l’expérience qui entoure le produit.
C’est ce qui transforme Yinka Ilori en partenaire stratégique.
Ses fleurs, ses couleurs et ses installations donnent au retailer une identité temporaire qu’aucune marque présente sur les portants ne pourrait produire seule.
Mode, art et commerce : une frontière de plus en plus poreuse
Le ministère français de la Culture range aujourd’hui le design parmi les industries culturelles et créatives et souligne ses liens avec la création, la recherche et l’innovation. Les secteurs connexes de la mode et du luxe sont eux aussi intégrés à cette réflexion lorsqu’ils mobilisent des activités créatives.
La campagne Bloomingdale’s illustre parfaitement cette hybridation.
Qui produit réellement l’expérience ?
L’artiste ?
Le retailer ?
Les maisons partenaires ?
Les scénographes ?
Les artisans ?
Les marques de mode ?
En réalité, la valeur vient de leur combinaison.
Le commerce cesse d’être uniquement le dernier maillon de la chaîne.
Il devient lui aussi un lieu de création.
Pourquoi Bloomingdale’s x Yinka Ilori fonctionne particulièrement bien ?
La force de la collaboration tient à son niveau de cohérence. Yinka Ilori aime transformer l’espace.
Bloomingdale’s possède un immense espace.
Ilori travaille la couleur et le jeu.
Bloomingdale’s cherche une expérience spectaculaire et participative.
L’artiste défend une vision accessible de la création.
Le grand magasin accueille quotidiennement un public extrêmement diversifié.
Enfin, l’idée de Cherish Your Magic permet de relier tous les produits sans les rendre identiques.
Une chaise Kartell et un pull en cachemire n’ont rien à voir.
Mais ils peuvent appartenir au même monde.
C’est précisément la capacité recherchée par les meilleures collaborations : créer une cohérence sans créer de monotonie.
Bloomingdale’s transforme le shopping en contenu
Il existe enfin une autre dimension : celle de l’image.
Une façade couverte de fleurs gigantesques.
Des vitrines saturées de couleurs.
Des mains bleues monumentales.
Des installations interactives.
Tout est naturellement photographiable et partageable.
Le magasin produit donc son propre contenu social.
Les visiteurs deviennent une partie de la diffusion.
Cette logique change le calcul économique du décor.
Une scénographie ambitieuse n’est plus seulement vue par les personnes qui traversent Lexington Avenue.
Elle peut circuler sur Instagram, TikTok, Pinterest et dans la presse internationale.
L’espace physique devient ainsi un moteur de contenu digital.
Le futur du retail premium sera-t-il culturel ?
Pas exclusivement.
Le service, la disponibilité des produits, le conseil et l’efficacité opérationnelle restent essentiels.
Une magnifique installation ne compense pas une mauvaise expérience d’achat.
Mais lorsqu’un retailer maîtrise déjà les fondamentaux, la culture peut devenir un puissant facteur de distinction.
La Direction générale des Entreprises française identifie d’ailleurs l’expérience client et les nouvelles manières de produire et de vendre parmi les grands enjeux contemporains de la filière mode et luxe.
Bloomingdale’s pousse cette logique jusqu’à faire du magasin une scène.
Le produit reste là.
Mais il n’est plus seul.
Bloomingdale’s x Yinka Ilori : bien plus qu’une décoration d’automne
Réduire Just Imagine à une campagne colorée serait finalement manquer l’essentiel.
Bloomingdale’s utilise Yinka Ilori pour tester une autre définition du grand magasin.
Un lieu capable de vendre du cachemire, du mobilier ou des cosmétiques, mais aussi d’accueillir de l’aquarelle, du gaming, des œuvres d’art, du DIY et des installations monumentales.
Le commerce devient plus poreux.
Il dialogue avec le musée.
Avec l’atelier.
Avec le terrain de jeu.
Avec le café.
Avec le studio créatif.
C’est probablement là que se trouve la véritable modernité de Bloomingdale’s x Yinka Ilori.
Non pas dans les fleurs géantes elles-mêmes, mais dans ce qu’elles signalent : le magasin physique cherche désormais sa valeur au-delà de la transaction.
Et dans ce nouveau retail, la culture devient elle aussi un produit d’appel — sans nécessairement être à vendre.
FAQ : Bloomingdale’s x Yinka Ilori
Quand la collaboration Bloomingdale’s x Yinka Ilori a-t-elle été lancée ?
La campagne Just Imagine et l’installation Cherish Your Magic ont été officiellement lancées le 4 septembre 2025. La campagne s’est déroulée en septembre et octobre 2025.
Où se trouvait l’installation de Yinka Ilori ?
Le cœur de l’installation se situait dans The Carousel, au flagship Bloomingdale’s de la 59e Rue à New York. Yinka Ilori a également transformé la façade et les vitrines de Lexington Avenue.
Comment s’appelait l’installation ?
L’installation imaginée par Yinka Ilori s’appelait Cherish Your Magic. Elle était inspirée des fleurs sauvages, de leur résilience et de la créativité des habitants de New York.
Quels produits ont été créés avec Yinka Ilori ?
La collaboration comprenait notamment du prêt-à-porter, des pulls en cachemire, des accessoires, des objets de jeu, du matériel artistique et des collaborations avec Kartell, Baccarat, Bea Bongiasca, Joya Studio ou encore New Era.
Yinka Ilori a-t-il collaboré avec PlayStation chez Bloomingdale’s ?
Oui. PlayStation x Yinka Ilori faisait partie de Just Imagine avec des vêtements, accessoires et produits inspirés de son univers ainsi qu’un espace mettant en avant les équipements PlayStation.
Des ateliers créatifs étaient-ils proposés ?
Oui. Bloomingdale’s organisait notamment des expériences de peinture sur céramique, aquarelle, modelage en argile, fabrication de bracelets, personnalisation et différents Open Studios.
La campagne finançait-elle l’éducation artistique ?
Les sources officielles consultées ne mentionnent pas de reversement spécifique de Just Imagine à des associations d’éducation artistique. Bloomingdale’s dispose d’engagements philanthropiques plus larges, mais ceux-ci ne doivent pas être confondus avec la campagne Yinka Ilori.
Qui est Yinka Ilori ?
Yinka Ilori est un artiste et designer multidisciplinaire britanno-nigérian installé à Londres. Son travail associe couleur, architecture, mobilier, art public et storytelling, avec une forte influence de son héritage britannique et nigérian.
Sources officielles françaises
- Direction générale des Entreprises – Filière Mode et Luxe.
- Ministère de la Culture – Design.
- Ministère de la Culture – Métiers d’art.
Sources primaires de la collaboration
- Bloomingdale’s / Macy’s Inc.
- Bloomingdale’s – Cherish Your Magic.
- Yinka Ilori Studio.